Cours des céréales : Les raisons de la flambée

Michel Lopez, direction de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Crédit Agricole S.A.

Cours des céréales : Les raisons de la flambée

Après une campagne Juillet 2009/ juillet 2010 marquée par des prix très bas, la baisse de l'euro face au dollar redonne depuis quelques mois de la compétitivité aux blés français et européens sur la scène internationale. ..

L'autre facteur qui a impacté fortement le marché des céréales est le blocage des exportations de blé de Russie suite à l'importante sécheresse qu'a connu le pays l'été dernier. Dans la perspective d'un déficit d'offre, à l'image de la campagne 2007/2008, les cours mondiaux se sont alors envolés.

L'intervention de fonds spéculatifs à la recherche d'opportunités de rentabilité a accéléré la volatilité des cours. A Paris, le blé a gagné 70% en 2010/2009, les cours du maïs ont progressé de 46% et ceux du soja de 28%.

Le monde manquerait-il à nouveau de céréales ?

Le monde manquerait-il à nouveau de céréales ? La situation semble mois alarmante qu'en 2008 : le déficit de production céréalière concernait à l'époque tous les grands pays producteurs et exportateurs de céréales ; en 2010, les difficultés sont restées concentrées essentiellement sur les pays de la mer Noire (sécheresse et feux en Russie, embargo sur les exportations russes et ukrainiennes).

Alors qu'en 2008, les stocks de blé mondiaux n'atteignaient que 70 jours de consommation ; ils en représentent aujourd'hui près de 100 jours (volume de 175 Mt). Le marché du maïs reste toutefois tendu ; le ratio stocks sur consommation s'élève à peine à 16 % (et moins de 10 % aux USA) pour un ratio habituellement autour de 20 %.


Les analystes de marché sont divisés

Face à cette situation, les analystes de marché sont divisés en ce début d'année 2011; certains d'entre eux anticipent la poursuite de cours céréaliers élevés en raison notamment du phénomène climatique ‘'la Nina'' qui a entraîné de fortes pluies en Asie du Sud puis en Australie et de la sécheresse en Amérique du sud.

D'autres opérateurs pensent au contraire que, sauf accident climatique majeur d'ici la prochaine campagne, les cours des principales céréales devraient progressivement baisser en 2011. Cette hypothèse serait naturellement plus favorable aux industries de transformation et aux filières élevage qui subissent cette hausse des cours sans pouvoir la répercuter auprès des entreprises en aval. L'orientation des marchés 2011 va également résulter de la qualité des semis de printemps, une donnée à suivre avec attention.

Source Source : Tendances agroalimentaires n°15

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires