Coûts de production en élevage allaitant : une première publication

Agra Presse

Pour la première fois, l'Institut de l'élevage a établi les coûts de production des différents systèmes.

“L'un des enjeux pour l'avenir de la production bovine, c'est de mettre en place des outils de pilotage économique”, s'était exclamé Olivier Perret, responsable Outils et méthodes chez Cogedis (association de gestion et de comptabilité), le 10 mai. Lors du symposium Eva organisé par Merial, il était revenu sur l'“absence de statistiques en termes de coût de production car le nombre d'adhérents à utiliser cet outil au quotidien est très faible”. Il avait donc présenté les résultats économiques des élevages bovins de son réseau en se référant à la marge brute.

Un coût de production maximal pour le veau sous la mère

Mais “une marge brute calculée un an après, ce n'est pas top pour orienter l'avenir de son exploitation”, avait-il fait remarquer. Difficile donc de parler coût de production dans les élevages. Chaque animal est différent, produira plus ou moins de lait pour engraisser son veau ou valorisera plus ou moins bien son fourrage, répondra l'éleveur. Pour autant, l'Institut de l'élevage a publié, le 20 mai, les résultats économiques 2009 des exploitations bovins viandes(1). Au total, sept systèmes d'élevage allaitant ont été analysés avec, pour la première fois, le calcul de leurs coûts de production, selon la méthode de l'Institut de l'élevage, disponible sur Internet (www.inst-elevage. asso.fr) et commune à toutes les filières de ruminants.
D'après cette étude, les systèmes en veaux sous la mère ont des coûts de production très élevés (de 5,18 e/kg à 7,30 e/kg de poids vif produit mais de 3,38 e/kg à 4,65 e/kg hors charges supplétives(2)). Les systèmes allaitants mixtes naisseur/cultures ont également des coûts de production importants (de 4,13 e/kg à 5,32 e/kg de poids vif produit, mais de 3,03 e à 4,04 e/kg hors charges supplétives). Le système naisseur spécialisé en race rustique, très localisé au Massif central, présente les coûts de production les plus bas (de 3,89 e/kg à 4,83 e/kg de poids vif produit en fonction des races ; 2,46 e à 3,17 e/kg hors charges supplétives).
Au-delà des coûts de production, le document de l'Institut de l'élevage analyse les charges et les revenus de chaque système et envisage les revenus de 2010. Plus globalement, “après une période de recul de revenu sur la période 2007-2008, les résultats des systèmes bovins viande suivis dans les réseaux d'élevage des chambres d'agricultures et de l'Institut de l'élevage semblent se stabiliser et se redresser un peu en 2009 et 2010. Il faut rapprocher cela de l'agrandissement des exploitations en troupeau et en surface, plus perceptible dans les zones herbagères”, observe l'Institut.

2011, difficile adaptation

Les performances techniques demeurent stables avec une hausse des gains de productivité. “D'autre part, la relative accalmie des prix des denrées agricoles en 2009 et le retour à des tarifs plus raisonnables en matière de prix de concentrés (aliment du bétail industriel, NDLR) et de l'engrais ont contribué à réduire les charges”, constate l'Institut de l'élevage.
Le poste des concentrés chute de 9 % alors que les quantités consommées d'aliments restent identiques. Les charges de production fourragère baissent également. L'application du bilan de santé de la Pac, avec une nouvelle répartition des aides entre agriculteurs, a “permis une relative consolidation des revenus des systèmes spécialisés”, souligne l'Institut de l'élevage.
Face au contexte qui s'annonce pour 2011, des prix des matières premières en très forte hausse avec des cours de la viande bovine bas, l'Institut relève que “les éleveurs bovins viandes les plus intensifs et ceux situés dans les plaines peuvent être incités à réduire leur consommation ou à se réorienter vers les cultures. Les systèmes allaitants herbagers ont peu d'alternatives et devront améliorer leur autono-mie pour résister”. Mais, avec la sécheresse qui vient tout perturber de façon négative voire dramatique pour certains systèmes allaitants, ces analyses risquent fort d'être remises en cause. Outre les surcoûts liés à cet épisode climatique, les élevages risquent d'être confrontés à un manque de ressource fourragère criant.

(1) Quatre cent cinquante élevages étudiés en 2009, classés en sept familles de systèmes de production. Estimation des résultats de 2010 à partir des cas types correspondants.
(2) Les charges supplétives sont le fruit d'un calcul visant à rémunérer les facteurs de production que l'exploitant met à la disposition de son entreprise (terres en propriété, capitaux propres et travail de l'exploitant).
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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