Couverts végétaux et épandages : A situation météo exceptionnelle, dérogation exceptionnelle

Rédaction Vendée agricole

La FDSEA, les JA et la chambre d’agriculture demandent une dérogation préfectorale aux contraintes de l’arrêté nitrates.

La pluie, la pluie et encore la pluie… Les sols sont gorgés d’eau sur tout le département. L’entrée dans les parcelles est impossible sans déstructurer les sols, et pourtant la réglementation continue de s’appliquer.

En effet, le nouvel arrêté ministériel du 19 décembre 2011 interdit l'apport d'effluent de type II (rapport C/N inférieur à 8, ce qui est le cas de la plupart des lisiers) avant céréales à partir du 1er octobre. Par ailleurs, depuis le 29 septembre,  la dérogation repoussant la date limite de semis des couverts végétaux est levée. Chaque agriculteur est donc dans l’obligation réglementaire d’avoir ses couverts implantés.

Réglementation impossible à respecter, dérogation nécessaire !

Tout le monde s’accorde à dire que ces deux obligations ne pourront pas être respectées. En effet, après une période de temps sec qui a rendu les semis impossibles, les fenêtres de beau temps ont été quasi inexistantes, ne laissant pas la possibilité de semer. « Et quand bien même, les couverts qui seraient semés actuellement et lèveraient ne joueraient pas leur rôle de piège à nitrate. Semer serait un non sens écologique. Ce serait utiliser des semences et du carburant pour rien » précise Xavier Garreau, président de la section grandes cultures de la FDSEA.

Même problématique pour les épandages. Certains n’ont pas été effectués à temps car les sols, trop secs, ne permettaient pas l’enfouissement des effluents. D’autres, ont été repoussés après des ensilages eux-mêmes tardifs. Parfois, les agriculteurs, n'ayant pas retenu la nouvelle interdiction d’épandre en d'octobre, s'étaient laissés jusqu'à fin octobre pour les effectuer. Dans tous les cas, la pluviométrie excessive a ensuite rendu impossibles les épandages prévus. « Aujourd’hui, les fosses sont pleines. Les agriculteurs ne pourront pas passer l'hiver sans les vider avant », avertit Philippe Ducept, président de la commission environnement de la FDSEA.

La FDSEA, les JA et la chambre d’agriculture, ont donc demandé au Préfet de lever l'obligation de couverture des sols et l’interdiction d’épandage. Les autres départements de la région vont faire de même, appuyés par l’échelon régional.

Au-delà des inquiétudes réglementaires

Certaines parcelles sont tellement gorgées d'eau que les agriculteurs ne pourront même pas y implanter les céréales. Pour d’autres exploitants, la difficulté est de réussir à ensiler les dernières parcelles de maïs. Un problème se pose également pour les prairies qui ont été pâturées moins longtemps cette année. « Cela va entraîner une surconsommation des stocks, qui risquent d’être insuffisants. Pour notre secteur, c’est probablement un dossier calamités agricoles qu’il va falloir ouvrir » s’inquiète Christian Francheteau du marais breton.

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