Crédit agricole : retour au “bon sens près de chez vous”

Patricia OLIVIERI

La caisse régionale Centre France renoue avec son slogan des années 80 en misant sur une relation de proximité avec ses clients et une vaste opération de rénovation de ses 200 agences.

André Janot et Muriel Anweiler présentant la carte sociétaire dont l’utilisation a permis en 2012 de récolter 212 000 € reversés dans le secteur de l’aide à la personne, de l’éducation et de l’apprentissage.

Nettement altérée par la crise financière, l’image des banques se redresse comme l’a confirmé l’Observatoire des banques de l’Ifop en 2012. Pour autant, toutes ont à cœur de restaurer une relation de confiance avec leurs clients et le Crédit agricole Centre France (CRCA) n’échappe pas à la règle. Ainsi, plus que jamais, à la veille de la première des 26 assemblées générales de ses caisses locales cantaliennes, le message était vendredi celui de la proximité. “Nous allons considérablement augmenter à partir du mois de mars les niveaux de délégation des directeurs d’agence pour leur redonner un pouvoir de décision, a ainsi indiqué le président André Janot. Auparavant, c’est Centre France qui décidait à Clermont si on pouvait prêter ou pas à un client à La Roquebrou ; or, ce sont bien les chefs d’agence qui connaissent le mieux leurs clients et on veut que trois quarts des décisions soient prises face aux clients”, avec l’objectif d’y répondre dans les 48 heures grâce à des procédures dématérialisées.

Des encours toujours en hausse

Reconnaissant expressément qu’involontairement, l’évolution de la caisse a conduit au fil des années à cette forme d’éloignement, le président a néanmoins précisé que “toutes les deux minutes, un nouveau crédit est accordé dans Centre France.” Une preuve supplémentaire pour le patron de CRCA que malgré la crise, “notre politique de financement n’a en rien changé”. Ainsi, en 2012, le montant des encours a progressé entre 6 % et 12 % selon les secteurs aussi bien dans le domaine de l’habitat (878 M€, soit l’équivalent de 6 000 maisons), des entreprises, des professionnels, avec “la palme” au secteur agricole : 270 M€ d’encours y ont été souscrits (dont 56 M€ dans le Cantal), l’équivalent de 6 600 tracteurs. “Qui plus est avec un niveau de risques (NDLR : 2,7 %) le plus bas jamais atteint, souligne André Janot. 2012 a été une bonne année en agriculture même si, à mon avis, on a assisté à du surinvestissement en matériel alors qu’il aurait fallu plutôt mettre de l’argent de côté pour les mauvais jours.” Seul marché plus sensible : celui de la consommation “pour éviter le surendettement”. Côté collecte, la caisse régionale enregistre une hausse de 3,05 % des volumes, soit plus que l’inflation. “L’Auvergnat est resté plus cigale que fourmi, glisse le président. Pour le moment, par rapport à beaucoup d’autres régions, l’Auvergne et le Limousin s’en sortent plutôt bien, estime-t-il. La crise n’a pas encore été trop présente. On peut ne pas trop la sentir si on sait innover et aller à l’export. Rester sur la vieille Europe endettée, c’est se scléroser.” Au final, 2012 aura donc été un bon cru pour Centre France dont le résultat net (116 M€) aurait été stable par rapport à 2011 (soit 131 M€) “sans l’impôt supplémentaire que nous avons payé”, relève André Janot. Un résultat qui sera néanmoins en partie aspiré pour venir couvrir les 2,7 milliards d’euros de dépréciations d’écarts d’acquisition annoncés il y a quelques jours par Crédit agricole SA, le véhicule coté du groupe. Une opération destinée à purger 100 % des survaleurs de ses acquisitions en Europe du Sud. “Ça ne changera rien à la solidité financière de Centre France”, avance Muriel Anweiler, directrice commerciale régionale.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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