Crise de l'élevage : le gouvernement tourne le dos à l'année blanche

Patricia Olivieri

La ministre de l'Économie et Bruno Le Maire privilégient une approche bancaire au cas par cas des dossiers des éleveurs bovins et porcins en crise.

“Il n'y aura pas d'année blanche au sens d'un report d'annuité uniforme (…) pour tout le monde. La bonne solution, c'est de regarder au cas par cas les exploitations qui sont les plus en difficulté”, s'est exclamé Bruno Le Maire, lors d'une conférence de presse, le 7 mars. Une annonce tombée comme un couperet à la suite d'une réunion, le même jour, entre les cinq plus grandes banques françaises, avec Christine Lagarde, Gérard Rameix, médiateur national de crédit et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France. Une douche froide pour les éleveurs soumis à la double peine, celle de charges désespérément croissantes et de cours qui restent figés à leur plus bas niveau. Si ces derniers ont en effet longtemps milité pour cette année blanche, récemment la Fédération nationale bovine (FNB) avait revu cette revendication en la limitant à un report des annuités bancaires en fin de tableau.

Quatre mois sans embellie

Les éleveurs réunis au sein du Berceau des races à viande (voir ci-dessous) étaient d'ailleurs venus expressément réitérer cette revendication - au même titre qu'un gel des charges sociales pour 2011 et une dynamisation de l'export - auprès des membres du cabinet du ministre de l'Agriculture pas plus tard que la semaine dernière. Cette rencontre faisait suite au Salon de l'agriculture où, déjà, les éleveurs allaitants avaient interpellé le chef de l'État. À cette dernière occasion les responsables agricoles ont souhaité remettre les pouvoirs publics devant leur responsabilité. En novembre, suite aux blocages des abattoirs Bigard, Bruno Le Maire avait en effet défini une feuille de route pour sortir le secteur de l'impasse. Force est de constater que, depuis, la situation ne s'est guère améliorée, voire s'est détériorée sur le marché du vif. Quatre mois plus tard donc, le gouvernement fait le choix d'abandonner une réponse collective à travers les propos de Christine Lagarde : “Les banques ont pris l'engagement vis-à-vis de nous (Christine Lagarde et Bruno Le Maire, NDLR) et vis-à-vis de leurs clients d'envisager tous les outils possibles pour aider les éleveurs. “Elles peuvent jouer sur le temps, le taux, les volumes, le rééchelonnement…”, a avancé la locataire de Bercy. Tandis que son collègue B. Le Maire a longuement insisté sur le fait que les “banques ont leur rôle à jouer” dans la crise que traverse actuellement l'élevage. Une exhortation loin de répondre aux attentes des éleveurs.
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Source L'Union du Cantal

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