Crise de l'oeuf : Les producteurs demandent aux GMS une hausse de 1,62 centime par unité

Elodie Saint-Marc

Face à la volatilité des prix des matières premières et à la mise en conformité aux normes européennes, l'UGPVB ( Union des Groupements de Producteurs de Viande de Bretagne) estime une perte pour les producteurs de près de 80 millions d'euros sur l'ensemble des oeufs vendus.

A l'approche de l'échéance de la mise en conformité de la directive européenne de juillet 1999 (qui interdit la production d'oeufs en cages non aménagées au 1er janvier 2012) les éleveurs en production d'oeufs standards doivent repenser leurs équipements. L'UGPVB estime un investissement de 16 euros par poule pondeuse en cas de rénovation de bâtiments et d'environ 25 euros par poule pour une reconstruction. Ces dépenses engendreraient un surcoût de 1,66 euro par poule et par an pendant la durée d'amortissement.

En parallèle de la volatilité des prix des céréales et donc de l'aliment, mais aussi du prix des investissements d'application des plans sanitaires de lutte contre les salmonelles, l'UGPVB craint que les producteurs ne puissent supporter les surcoûts. Selon eux il pourrait également s'opérer un désintéressement à l'élevage et une diminution de la mise en place des poulettes, des nouveaux lots de poules pondeuses.

La France est en nette perte de vitesse dans la mise en place de ses poulettes d'un jour (- 31,2 % au premier trimestre 2011) et les producteurs veulent réagir pour protéger les oeufs français.

Le rôle de la grande distribution

Selon l'UPGVB, l'absence de répercussion de cette hausse des coûts au niveau des prix d'achat de la grande distribution pourrait à court terme mener à la faillite des centres de conditionnement, à la disparition d'un grand nombre de producteurs français et donc au développement de l'importation.

Une étude de marge a été réalisée d'après laquelle le CNPO (Comité National des Producteurs d'Oeufs) estime qu'avec un prix de vente moyen de l'oeuf à 19 centimes, la grande distribution gagnerait 240 millions d'euros sur la totalité des oeufs vendus quand les producteurs perdent 80 millions d'euros.

Pour combler cette perte, les producteurs demandent une hausse du prix d'achat par la grande distribution de 1,62 centime par oeuf, ce qui, répercuté sur les prix de vente, impliquerait une hausse de 2 euros par an pour les consommateurs.

Publié par Elodie Saint-Marc

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier