Crise du lait : 16 pays de l'UE favorables à une nouvelle régulation

Seize des 27 pays de l'UE se sont dits favorables à une nouvelle régulation du secteur laitier pour accompagner la suppression des quotas, soutenant ainsi une initiative franco-allemande au cours d'une réunion des ministres européens de l'Agriculture à Bruxelles.

Dans un document distribué en marge de la réunion, ces seize pays* estiment que « de nouvelles formes de régulation à l'échelle européenne seront nécessaires pour que le secteur laitier ne dépende pas seulement des seules règles du marché ».

Le texte demande « des réponses de court terme pour accompagner la sortie du régime des quotas laitiers » ainsi que «d'augmenter temporairement le prix d'intervention dans le secteur laitier». La déclaration demande également que les relations contractuelles au sein de la chaîne agroalimentaire soient « facilitées et soutenues ». La France aimerait, en particulier, généraliser en Europe la fixation de prix minimum de manière contractuelle au niveau national, entre industriels et producteurs.

Les pays du Nord sont contre

La France et l'Allemagne ont réussi à rallier la majorité des pays de l'Union européenne. Mais la plupart des pays du Nord de l'Europe, traditionnellement favorables à une libéralisation de l'agriculture, ne s'y sont pas associés, illustrant les divergences entre Européens.

Ils ont à leurs côtés la Commission européenne, qui a rejeté une bonne partie des propositions franco-allemandes sur les aides à l'exportation ou les mécanismes de soutien aux prix. « Ne réintroduisons pas ce que nous venons de supprimer », a dit aux ministres la commissaire à l'Agriculture Mariann Fischer Boel.

La commissaire danoise s'est fermement opposée au gel de la hausse programmée des quotas européens l'année prochaine.« Pas de suspension », a tranché Mme Fischer Boel, car cela ne « mènerait nulle part ».

Un échec de l'Union européenne

La ministre allemande, Ilse Aigner, qui se trouve en pleine campagne électorale législative dans son pays, est sortie beaucoup moins satisfaite que son collègue français de la réunion. Elle a parlé d'« un échec de l'Union européenne », reprochant à Bruxelles d'avoir rejeté toutes les propositions. « Cette absence de marge de manoeuvre n'est pas compréhensible », a-t-elle déploré.

Seules quelques mesures d'aides limitées devraient être prochainement adoptées en faveur du secteur laitier comme l'octroi facilité d'aides publiques nationales aux exploitants en difficulté (ce qui potentiellement pourrait permettre de verser jusqu'à 15.000 euros à chaque producteur d'ici fin 2010).




* Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Irlande, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Slovénie

Source d'après AFP

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