Cultures : Le conseil général planifie une Vendée sans OGM

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En écho au gouvernement et à l'Assemblée qui tergiversent sur les OGM, Philippe de Villiers annonce un plan pour une « Vendée sans OGM » et en faveur de l'agriculture biologique. C'est « un nouveau modèle agricole, une nouvelle culture » qu'il veut « contribuer à forger ».

« Parce que je suis convaincu qu'une certaine forme de brutalisation des sols nous conduira à une catastrophe sanitaire. Parce que la maladie d'Alzheimer se répand partout et qu'il y a peut-être un lien avec les pratiques agricoles, parce que le projet de texte de loi sur les OGM renforce lui-même nos inquiétudes en reconnaissant que la culture d'OGM de plein champ est dangereuse puisqu'il la soumet à des conditions multiples, à des distances de sécurité et à des contrôles réguliers. Parce que je suis convaincu que l'excellence économique de la Vendée ne pourra subsister qu'à la condition d'une excellence environnementale… » Philippe de Villiers avait pris tous les accessoires de la gravité et de la solennité mardi midi pour annoncer son plan pour « une Vendée sans OGM », en faisant remarquer qu'il s'était peu adressé à la presse ces derniers mois. « Je vous parle avec ma fonction, ma responsabilité, mon coeur, mes connaissances personnelles, mes intuitions. Ce 13 mai est un moment historique pour la Vendée ».
Mais à quelques heures d'un autre fait truculent, à défaut d'être historique – le rejet du projet de loi OGM en seconde lecture à l'Assemblée Nationale, du fait d'un trop grand absentéisme des députés de la majorité (lire en bas de page 4) – Philippe de Villiers ne savait pas qu'il allait se faire voler la vedette.

La Vendée au tournant

Il fait remonter le « tournant environnemental de la Vendée » à l'épisode contre l'incinérateur. Il cite aussi dans le même esprit sa bataille contre le Gaucho et le Régent « le combat de David contre Goliath », la marée noire de l'Erika et rappelle enfin la motion votée à l'unanimité de son conseil général en septembre dernier. Motion selon laquelle « il est inacceptable et irresponsable en l'état insuffisant des connaissances scientifiques actuelles de faire peser, en autorisant la culture d'OGM à l'air libre, des risques irréversibles sur l'agriculture biologique ou traditionnelle, l'alimentation, la santé humaine et la biodiversité ». Pour asseoir son annonce il cite aussi une autre réunion tenue la semaine précédente et à laquelle étaient convoquées « toutes les forces vives de l'agriculture vendéenne » et parle d'un « assentiment » des Vendéens contre les OGM et pour un « changement de culture ».

Son plan se décline en trois mesures :
Faire de la Vendée une zone témoin avec la création d'un label « Vendée sans OGM », la mise en place d'un contrôle scientifique par le Laboratoire de l'environnement et de l'alimentation, et le lancement d'un programme d'aide en faveur de l'agriculture biologique.
Grâce au label, espère-t-il « nous pourrons demander à l'Etat d'exclure toute culture d'OGM dans notre département au nom du code rural qui prévoit des mesures spéciales de sauvegarde lorsque cela est nécessaire à la protection d'un signe d'identification de la qualité et de l'origine ».

D'une situation marginale à une situation prépondérante

Les aides à la conversion à l'agriculture biologique, estime-t-il, sont actuellement insuffisantes – plafonnée à 7600 € par exploitation et par an. C'est pourquoi « nous mettrons en place une aide départementale à la conversion de 12 400 € ». 11 500 hectares sont aujourd'hui cultivés en bio en Vendée. « Cette surface sera portée à 23 000 ha dans les cinq ans. Egalement annoncées : une aide à l'acquisition de matériel comme les bineuses, quelle que soit la situation géographique de l'exploitation au taux de 40 %, et à 50 % pour un jeune. Mêmes taux pour financer la création et la rénovation d'ateliers de transformation à la ferme « parce que le développement des circuit courts c'est ce qui permettra de perturber la grande distribution grâce au contact direct, salvateur, entre producteurs et consommateurs ».

Dès la prochaine rentrée les produits biologiques seront introduits dans les collèges volontaires puis d'ici cinq ans dans chacun des 31 collèges publics à destination des 12 000 collégiens. L'aide du département portera sur la formation du personnel de cuisine. Il va également « instituer une aide aux communes afin qu'elles créent des marchés de produits biologiques. Enfin, les établissements agricoles sont sollicités « pour que les formations à l'agriculture biologiques ne soient plus comme aujourd'hui, optionnelles, mais fassent partie des formations de base que doit recevoir tout agriculteur ». Cela parce qu'il s'agit pour le président du conseil général, « de faire passer l'agriculture biologique d'une situation marginale qui est aujourd'hui la sienne à une situation prépondérante ».

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