Cyclope : « une instabilité toujours plus grande sur les marchés »

Cyclope : « une instabilité toujours plus grande sur les marchés »
“En la forêt de Grande Instabilité” tel est le thème du rapport CyclOpe 2012.

Les prix des matières premières à des niveaux très élevés, une instabilité toujours plus grande sur les marchés et une gouvernance mondiale en panne, voilà le constat dressé mercredi par les experts du rapport Cyclope, la "bible" des marchés mondiaux.

"Le trait le plus marquant des dernières années est l'instabilité grandissante sur l'ensemble des marchés de la planète. Malgré des efforts, la communauté internationale est impuissante à réguler", explique Philippe Chalmin, professeur à l'Université Paris-Dauphine et coordinateur du rapport rédigé par une cinquantaine d'experts.

"Jamais au fond la panne de la gouvernance mondiale n'a été aussi patente. Jamais aussi les espoirs de résultats concrets n'ont été aussi lointains. Il n'y a vraiment plus de pilote dans l'avion", alors que les prix sont à des niveaux élevés et devraient y demeurer en 2012, insiste ce dernier.

Pour lui, en 2011, la gouvernance mondiale est allée d'échec en échec : de Durban (conférence sur le climat) en passant par Genève (cycle de Doha sur la libéralisation des échanges) et même Cannes (avec le peu d'avancées du G20). Pourtant, la situation des marchés reste complexe et les experts de Cyclope estiment que les marchés ne sont pas encore parvenus à sortir de la tourmente du choc financier qui a débuté en 2007/2008.

Et parallèlement les productions agricoles et d'énergie ont encore du mal à satisfaire la brusque progression de la demande des pays émergents, en raison d'une période de sous-investissements au début de la crise.  "Le temps de l'investissement dans les matières premières est un temps long et nous avions oublié avec la crise que nous avions besoin de nourrir, d'éclairer... une population toujours plus importante", déplore M. Chalmin.

Incertitudes à l'égard de la Chine

Les conditions ne sont pas toujours réunies pour permettre les investissements nécessaires : les groupes hésitent encore parfois à investir dans certains pays d'Afrique peu sûrs, la Russie est plutôt fermée aux nouveaux investissements ... Par ailleurs, dans certains pays occidentaux des phénomènes de rejet bloquent les avancées (comme c'est le cas en Europe pour les gaz de schistes et les OGM).

A cela s'ajoutent les incertitudes concernant la Chine, dont le moindre soubresaut est ressenti dans le monde entier car l'empire du Milieu est le pays qui peut faire "la différence sur les marchés des matières premières". Ainsi, depuis quelques mois Pékin se positionne de nouveau sur le marché du maïs et est sur le point de redevenir un importateur majeur, ce qui bouleverse soudain tout l'équilibre de ce marché.

Malgré un récent ralentissement de l'économie chinoise qui a provoqué à l'automne dernier une chute des cours de certains matériaux (cuivre, coton, caoutchouc...), M. Chalmin s'attend à ce que le changement de pouvoir politique à Pékin en septembre prochain favorise un scénario de relance.

Cela pourrait donc de nouveau entraîner des tensions sur certains produits notamment les produits agricoles tels que le soja, comme le redoute le spécialiste. Mais au vu de l'instabilité actuelle, il est de plus en plus difficile de prévoir l'évolution des cours.

Source avec AFP

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