Dans la chaleur du Sommet

Presse Agricole du Massif Central (PAMAC) 63

Dans la chaleur du Sommet
Disponible et chaleureux, le ministre a achevé son périple par un discours, où il a fait quelques annonces, reconnaissant qu'en ces temps difficiles, il aurait bien aimé être le président de l'abondance.

La visite du ministre de l’Agriculture, hier matin, au Sommet, n’est pas passée inaperçue. Au programme beaucoup de convivialité et quelques annonces.

«Un petit tour et puis s’en va ». A priori, le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll ne mange pas de ce pain là. Hier, la visite qu’il a effectuée au Sommet de l’élevage avait plus des allures de balade que de marathon. Pas avare en poignées de mains, il a pris le temps de discuter avec les éleveurs, avec les exposants et les responsables professionnels, ne ménageant pas ses « salut, ça va ! », ni ses encouragements pour chacun, ni les occasions de déguster un produit du terroir. Paraitrait même qu’il aimerait beaucoup le bleu d’Auvergne… Mais attention qu’on ne s’y trompe pas, ne voyez pas dans la décontraction de Stéphane Le Foll le signe d’un défaut de détermination. « Je suis dans le discours ambitieux pour l’élevage et en même temps en mesure de le concrétiser », a martelé le ministre.

Au discours aux accents lyriques de Pierre Chevalier, président de la FNB, vantant le patrimoine précieux de la France tout en démontrant habilement « qu’on ne peut pas produire de la viande bovine avec les pissenlits et les pâquerettes », le ministre a répondu « je ne veux pas que la France devienne un pays spécialisé dans les céréales. Un grand pays agricole, c’est aussi de

la production bovine, ovine, caprine et porcine ». Voilà pour l’intention, pour ce qui est des moyens, les propos se sont faits plus généralistes.

Nouveaux mécanismes

Le ministre a évoqué une rencontre prochaine, à priori le 21 octobre, entre l’amont et l’aval des filières impliquant la grande distribution pour caler la mise en œuvre opérationnelle de l’accord cadre du 3 mai 2011. Cet accord volontaire prévoit que les représentants de producteurs, transformateurs et distributeurs des filières porcine, bovine et de la volaille s’engagent à ouvrir des négociations sur les conditions de vente des produits issus de ces trois filières d’élevage en cas de variation excessive à la hausse et à la baisse des prix des aliments.

Force est de constater que sa mise en musique n’est pas si évidente, d’où l’intérêt de battre le rappel. Sur la PAC, Stéphane Le Foll a rappelé « que la position de la France n’avait pas changé. Nous défendrons le maintien du budget ». Plus dans le détail de la prochaine réforme, il s’est dit vigilant, pour « qu’à côté de la convergence des aides, il y ait une mécanique de découplage permettant de soutenir l’élevage, et plus globalement la polyculture élevage ».

En matière de production laitière, là-aussi pour le ministre de l’Agriculture, fin des quotas ne doit pas être synonyme de bérézina. « Il nous faut des mécanismes un peu nouveaux pour gérer ces marchés et retrouver de la coopération au niveau européen ». Un courrier a été envoyé en ce sens, pas plus tard que mercredi soir, au commissaire européen par le ministère de l’Agriculture.

Au chapitre du plan de modernisation des bâtiments, les nouvelles sont plutôt rassurantes puisque Stéphane Le Foll a indiqué «que des efforts budgétaires seront faits avec une priorité pour la jeunesse ». Reste à connaître l’ampleur de ces efforts, car les temps sont durs. Si l’abondance était bien cette année en haut de l’affiche au Sommet, c’est loin d’être le cas dans les caisses de l’Etat. Pas à court de formule, Stéphane Le Foll a confié qu’il aurait bien aimé être le président de l’abondance…

lefoll sommet2-web

Visite officielle du ministre de l’Agriculture hier au Sommet de l’élevage. Les conseillères du président de la République et du Premier ministre étaient également présentes.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier