Dans le Lot-et-Garonne : Nicolas Sarkozy au chevet des agriculteurs en crise

Nicolas Sarkozy a ajouté vendredi une nouvelle étape à son tour de France des campagnes en crise pour répéter, dans le Lot-et-Garonne, sa volonté de défendre le secteur «stratégique» de l'agriculture.

Pour sa troisième visite de ferme de l'année, le chef de l'État s'est invité chez un producteur de fraises, quelques jours après avoir supervisé à l'Élysée la signature d'accords enjoignant la grande distribution à limiter ses marges sur les prix des fruits et légumes en cas de chute des cours.

La mise en scène avait été soignée. Les agriculteurs en colère ont manifesté la veille et Nicolas Sarkozy s'exprime dans un décor bucolique de carte de postale, champ de maïs vert sous un ciel bleu intense, avec tracteur rouge dans la visée des caméras.

Aux représentants du monde agricole, il exprime sa volonté de «s'investir sur le long terme» pour la sauvegarde de leur activité. «L'agriculture, c'est pas simplement le terroir, c'est pas simplement l'identité nationale, l'agriculture c'est stratégique économiquement», lance Nicolas Sarkozy. « J'ai décidé de m'y investir sur le long terme (...) c'est le message que je veux vous transmettre, on sera avec vous ».

De son panier de mesures de soutien, il sort la suppression des cotisations patronales pour les saisonniers et la possibilité d'étaler les cotisations à la Mutualité sociale agricole, «c'est historique» dit-il, ou l'augmentation du prix de l'énergie produite par la biomasse.




« On a souvent traité l'agriculture de façon folklorique »

A ceux qui s'étonnent de son assiduité auprès du monde agricole, le chef de l'État répond sans détour. « Je sais bien, si je m'implique trop on dit ‘c'est l'omniprésident'. Si je m'implique moins, on me dit ‘il ne nous aime pas' », s'est-il agacé. « Je pense que l'agriculture a besoin que le chef de l'État s'implique parce que le dossier agricole c'est européen, international, structurel ».

Peut-être un rien agacé par l'interminable intervention d'un agriculteur qui se plaignait du manque de « considération » du monde politique à l'endroit du secteur rural, Nicoals Sarkozy n'hésite pas à égratigner ses prédécesseurs pour défendre la sincérité de son engagement. « On a souvent traité l'agriculture de façon folklorique, c'est ce que je pense (...) on était très content, on allait dans une ferme, on flattait la vache, on passait des heures au salon (de l'agriculture), on goûte de tout, on s'en va, on vous aime, au revoir et merci », raille-t-il.

« Je n'accepterai plus un système où on ment aux gens en leur donnant un chèque que, dix ans après, ils doivent rembourser, ça non », insiste encore le président, « ceux qui ont fait ça étaient parfaitement irresponsables ».

Quelques fraises et un expresso plus tard, Nicolas Sarkozy est allé déjeuner dans le village voisin avec des médecins ruraux .

Source d'après AFP

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