Dans un contexte difficile, la race limousine se défend plutôt bien

R. Saint-André

Les éleveurs de race limousine du Cantal ont profité de leur assemblée pour faire le point sur le contexte agricole global.

Lanobre, commune cantalienne frontalière de la Corrèze donc de la région limousine, a servi de cadre à l'assemblée générale des éleveurs de race limousine du Cantal.
Une réunion présidée par Paul Besson, lequel a profité de cette tribune pour formuler quelques préoccupations face à un combat qu'il juge “inégal”. Celui du marché mondial de la viande : “Baisse des prix aux éleveurs par rapport à l'an passé et augmentation des importations en Europe, du fait de la baisse de compétitivité de l'agriculture européenne. Entre quotas et jachères, on freine la production ici pour l'acheter ailleurs ; un comble” !
En outre, Paul Besson parle “d'attaques en règle” contre l'élevage en général, lorsqu'il s'agit d'écologie. “À chaque semaine la parution d'une nouvelle étude montrant les méfaits de la viande, des vaches qui polluent... Une quantité d'arguments farfelus, toujours à charge, et qui à force vont semer le trouble dans l'esprit des consommateurs”, s'agace le président.

Les intervenants

Secrétaire général de la FDSEA, Patrick Bénézit a pour sa part évoqué la Loi d'orientation agricole. Il insistait sur la nécessité d'obtenir à la fois des prix et des aides. Un soutien à l'agriculture qui, selon lui, passe nécessairement par la prise en compte du modèle sociétal qui se profile.
Au fil des discussions, il apparaît que la race limousine n'est pas la plus mal lotie, loin s'en faut(1). Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si elle continue de progresser, pesant désormais 13 % des vaches allaitantes du département.
Pas moins de 3 500 vaches ont été contrôlées dans les 65 élevages qui adhèrent au contrôle de performances. Face à la cinquantaine d'éleveurs présents à l'assemblée générale, Michel Souvignet, vice-président du Herd-book limousin et président de la section Auvergne a tenu à rappeler combien l'adhésion au HBL pouvait d'avérer un bon investissement.

Le cadran d'Ussel

Pour parler de la vente des produits, le syndicat des éleveurs de limousines du Cantal avait invité Jean-Louis Plazanet, administrateur du marché au cadran d'Ussel (19). Celui-ci en a révélé le fonctionnement. “L'idée est celle des éleveurs qui ont été soutenus par la communauté de communes”, a-t-il indiqué en préambule.
Le marché est ouvert à toutes les races. L'agriculteur amène ses bêtes qui sont prises en charge et pesées juste avant un passage sur le ring. Les acheteurs font monter les enchères sur un animal ou sur un lot. L'éleveur donne ensuite son accord ou non pour la transaction. Il a, grâce à un système de caution bancaire, la certitude d'être immédiatement payé. Les frais - entre achat de parts sociales et assurance - ne dépassent pas 1,5 % des ventes.
Le marché d'Ussel ne se contente pas des bovins et organise aussi des ventes de porcs et (plus étonnant) de bois. Il emploie deux secrétaires, un “aboyeur” et huit à dix bouviers. Quelques voix proposent que le modèle inspire le marché de Mauriac...
Enfin, rendez-vous était donné aux amoureux de la race les 3, 4 et 5 septembre à Limoges pour le concours national. Un mois avant le Sommet de l'élevage qui mobilisera aussi les éleveurs cantaliens de limousines. Déjà en 2009, nombreux sont ceux qui ont participé aux différentes manifestations, dont le mémorable concours inter-régional de Saint-Flour, organisé en octobre dernier.
(1) Un administrateur du marché au cadran d'Ussel avoue que de toutes les races allaitantes, la limousine est celle qui “fonctionne le mieux”...
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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