De nouvelles pistes pour éradiquer le frelon asiatique

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De nouvelles pistes pour éradiquer le frelon asiatique

Le frelon asiatique, une espèce invasive qui menace les ruchers européens, pourrait bientôt être éradiqué grâce aux travaux de chercheurs tourangeaux, un espoir pour les apiculteurs français qui tiendront leur 20e congrès du 10 au 12 octobre à Colmar (Haut-Rhin).

Le Conops vesicularis, une espèce parasitoïde, sorte de petite mouche qui pond son œuf au printemps sur des reines frelons, pourrait être la clef pour combattre cette espèce invasive. "L'oeuf éclôt, et la larve, comme l'Alien du film, va se développer dans l'abdomen de son hôte, ce qui va entraîner au bout de dix ou quinze jours la mort de la reine", explique Éric Darrouzet, enseignant-chercheur à l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (IRBI) de l'Université de Tours. Une découverte essentielle car si ce parasite tue la reine, la colonie entière ne lui survivra pas.

Les chercheurs peuvent désormais imaginer mettre au point un système de lutte biologique contre le frelon asiatique.  "Il faudra des années pour démontrer que ce parasitoïde a une préférence pour le frelon asiatique et qu'il n'entraînera pas de dégâts collatéraux sur les abeilles, les bourdons et les guêpes", tempère néanmoins Éric Darrouzet.

Fabriquer des pièges sélectifs

Parallèlement, ces chercheurs travaillent sur la mise au point d’un piège à frelon asiatique.  "Un des buts de notre projet est la fabrication d'un piège sélectif. Il pourrait être mis à la disposition des professionnels de l'apiculture et des amateurs pour protéger leurs ruchers", explique-t-il.  "Un prototype est déjà à 99% sélectif. Fin 2015, nous devrions avoir un piège sélectif disponible", prédit-il. Un appât lui-aussi sélectif pourrait également voir le jour.

"On veut remplacer les appâts alimentaires à base de sucre et de protéines par un appât phéromonal à base de molécules volatiles émises par les frelons", explique-t-il.

La vespa velutina, communément appelée frelon asiatique, est arrivée en France il y a une dizaine d'années. Cette espèce invasive se répand de plus en plus en Europe, et même en Europe de l'Est, épargnée jusqu'ici. Plus de 70% du territoire français seraient concernés.

Sur le seul département d'Indre-et-Loire, l'augmentation du nombre des colonies de frelons est exponentielle.  L'espèce est arrivée près de Tours en 2009. Les chercheurs avaient relevé trois colonies. En 2011, il y en avait quarante et le recensement de 2013 fait état de 400 à 600 colonies.

Le frelon asiatique construit son nid un peu partout. On peut en trouver dans des cavités souterraines, sous des toits, dans des greniers, dans des buissons à hauteur d'homme, sur des façades de maisons, ou encore dans des arbres jusqu'à plus de vingt mètres de hauteur.

 

 

Source AFP

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