Débat : L'agriculture biologique remise en question

Elodie Saint-Marc

Débat : L'agriculture biologique remise en question

Dans son dernier livre « Bio, fausses promesses et vrai marketing », Gil Rivière-Wekstein, journaliste, remet en question l'agriculture biologique, que ce soit son idéologie ou ses pratiques.

L'auteur s'attache à faire tomber les idées reçues sur le bio, il en fait le procès en dénonçant trois « mythes » : il serait meilleur pour la santé, respecterait davantage l'environnement et encouragerait le développement des petits agriculteurs. Gil Rivière-Wekstein estime que ces promesses ne sont pas tenues et que le consommateur délaissera ce secteur quand cette vérité éclatera. En Angleterre, on constate d'ailleurs, selon lui, une baisse d'intérêt des produits bio par les consommateurs.

Le bio, « un modèle alternatif »

Plus qu'un modèle agronomique, l'agriculture biologique est un «modèle alternatif» dans l'évolution sociétale du monde agricole, estime le journaliste qui regrette que ce « projet autour de l'agriculture biologique n'ait pas évolué».

François Thiery, président de l'Agence Bio, a démenti ces affirmations à l'occasion d'une conférence organisée par l'AFJA*. Mais il n'a pas souhaité entrer dans ce débat. Il regrette que le secteur bio subisse des attaques constantes. Pour lui, il faut sortir de cette « opposition frontale » entre bio et conventionnel. Il estime que l'agriculture biologique doit être considérée comme «un progrès de la société au niveau mondial , une évolution de notre agriculture qui doit répondre à une demande forte ».

Mickael Poillion : « tout n'est pas résolu en bio, ni en conventionnel »

Mickael Poillion, membre du bureau des JA, pratique le bio et le conventionnel sur son exploitation.
Ce jeune agriculteur a décidé de convertir une partie de son exploitation en bio pour devenir « un agriculteur de demain » et mieux valoriser ses produits.

Selon lui, « l'agriculture biologique a ses forces et ses faiblesses », mais permet de repenser la gestion des ressources et des terres tout comme la rémunération des agriculteurs. Le bio ne doit pas être réservé à une catégorie d'acheteurs mais répondre à un nouveau modèle d'agriculture pour nourrir toutes les populations.

L'agriculture biologique, un débat d'actualité qui engendre de plus grandes questions, comme celle d'une gouvernance alimentaire mondiale.


* Association Française des Journalistes Agricoles

Publié par Elodie Saint-Marc

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