Débouchés des productions végétales : Le sorgho se lance sur la piste verte

Gabriel Omnès

Sorti des impasses techniques, le sorgho regagne des surfaces mais doit encore consolider sa position.

Le sorgho veut repartir à la conquête des parcelles françaises, et vise le cap des 70 000 hectares. Le Petit Poucet de l'alimentation animale a déjà redressé la barre après une traversée du désert liée au retrait de l'atrazine. L'arrivée de nouvelles matières actives l'a sorti de l'impasse : la culture est passée de 37 000 hectares en 2008 à 52 800 hectares l'an passé. « L'objectif des 70 000 hectares est réaliste au vu des besoins, avec des importations cette année encore. Mais il faut s'en donner les moyens et communiquer », explique Yvon Parayre, président de la commission sorgho de l'AGPB.

Champ de sorgho dans le Lauragais. Il faut produire assez pour intéresser les fabricants d'aliments, mais pour inciter les agriculteurs à produire, il faut que le débouché soit là. (M.-A. Carré)

Champ de sorgho dans le Lauragais. Il faut produire assez pour intéresser les fabricants d'aliments, mais pour inciter les agriculteurs à produire, il faut que le débouché soit là. (M.-A. Carré)

Fort déficit européen

En 2010-2011, l'Union européenne consommera plus d'un million de tonnes de sorgho, pour une production de 600 000 tonnes reposant sur la France (300 000 t) et l'Italie (270 000 t). Côté français, plus d'un tiers de la production est autoconsommée. Si l'on retire ce débouché, les utilisations intérieures, évaluées à 53 000 tonnes pour 2010-2011, sont inférieures de moitié aux exportations, destinées principalement à l'Espagne. Ce pays utilise le sorgho en grande quantité dans l'alimentation animale et constitue un débouché naturel pour le sud de la France. Dans cette zone de production « historique », les surfaces tendent à reculer. En revanche, grâce à la précocification des variétés, le sorgho s'étend désormais jusqu'à la vallée de la Loire. Il se développe également dans les régions touchées par la chrysomèle du maïs, comme en Alsace, d'où il part pour l'industrie de l'oisellerie au Benelux.
Le sorgho souhaite à présent conquérir le marché intérieur. « Le problème est d'avoir de la disponibilité toute l'année, car ce produit dont le prix d'intérêt suit celui du maïs est souvent avantageux pour les Fab » , estime Jean-Luc Verdier, d'Arvalis. Autre voie à explorer : le débouché de l'alimentation humaine, porté par la demande croissante des matières végétales sans gluten.

Verdissement de la PAC

La spirale dont doit s'extraire le sorgho est la même que celle où s'est engouffré le pois : il faut produire assez pour intéresser les fabricants d'aliments, mais pour inciter les agriculteurs à produire, il faut que le débouché soit là. La dimension environnementale de la nouvelle Politique agricole commune pourrait apporter un début de solution. « Avec le verdissement de la PAC, le sorgho devient très intéressant grâce à l'économie en eau et en intrant qu'il procure, estime Yvon Parayre. Il répond aux attentes du citoyen, mais il reste du travail à faire auprès des administrations de tutelle pour qu'il regagne ses lettres de noblesse. »

Source Réussir Grandes Cultures Avril 2011

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