Défaillances dans les abattoirs : les éleveurs en colère

Lise Monteillet

Défaillances dans les abattoirs : les éleveurs en colère

L’association L214 créé à nouveau la polémique en diffusant des images choc, tournées dans deux abattoirs du Sud de la France. Comment réagissent les éleveurs, alors qu’ils sont entendus aujourd’hui par la Commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage ?

« Si ces images sont fiables et avérées, ces actes ne sont pas normaux », assure Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA. Celle-ci réagit après la publication de nouvelles vidéos par l’association L214, mettant en cause deux abattoirs du Sud de la France, à Pézenas (Hérault) et Puget-Théniers (Alpes-Maritime). « Ce qu’on voit là nous soulève le cœur », poursuit-elle. Pour en finir avec les pratiques défaillantes dans les abattoirs, elle propose notamment d’établir « une charte éthique de l’abattage » et de « mieux former les salariés », qui pratiquent « des métiers très durs et doivent être accompagnés ».

Sur l’abattage rituel, la représentante syndicale n’est pas réticente à l’idée d’évoluer dans les pratiques, avec un étourdissement qui viendrait « en concomitance » avec la saignée ou « dans les 10 secondes qui suivent le coup de couteau ». « Il faut qu’on parle de ce sujet en France », insiste-t-elle. Xavier Beulin, président de la FNSEA, s’est déclaré « défavorable » à l'installation de vidéo-surveillance à l'intérieur des abattoirs.

Depuis quelques mois, les polémiques suscitées par l’association L214, militant pour l’arrêt de la consommation des animaux, inquiètent la profession agricole « l’association L214 avance masquée, car elle dit défendre les animaux, mais en fait, elle diffuse les images les plus insupportables possibles pour dissuader de manger de la viande », estime Christiane Lambert. Et d’ajouter : « il y a 3% de consommateurs végétariens ou végans en France, ils ne peuvent pas vouloir imposer leur vision à tout le monde ! »

« Colère » et « incompréhension »

« Nos réactions à la vue de ces nouvelles images ? De l’incompréhension et de la colère de la part de tous les éleveurs », déclare Mikel Hiribarren, secrétaire général de la Confédération paysanne. L’agriculteur dénonce un « acharnement pour viser les petits abattoirs de proximité, souvent multi-espèces ». Ces derniers « font les frais de ceux qui contestent la consommation de viande », ce qui lui paraît « très injuste ». Pourquoi viser ce type d’abattoirs ? « Ils sont plus accessibles aux caméras que les abattoirs industriels », déplore-t-il. Pourtant, il est convaincu que les défaillances « sont des temps exceptionnels dans les abattoirs ».

La Confédération paysanne « ne valide pas les atrocités qu’on nous montre ». Elle estime que des efforts doivent être réalisés, notamment au niveau de « matériels inadaptés » ou du « personnel insuffisamment formé ». Elle plaide néanmoins pour le développement des abattoirs de proximité, avec une organisation collective des producteurs. Il demeure le modèle « le plus souhaitable », selon Mikel Hiribarren, car il respecte au maximum le « lien homme – animal ». A ce titre, il soutient « les paysans qui veulent et qui peuvent revenir vers l’abattage en ferme ». Même si ce type d’abattage n’est, selon lui, pas généralisable.

Debout devant les abattoirs !

La Coordination rurale, pour sa part, signe un communiqué de mobilisation, titré « les éleveurs debout devant les abattoirs ». Elle explique : « Face à la multiplication des actions anti-viande sous couvert de défense du bien-être animal, dont la prochaine "Nuit debout", la Coordination rurale se mobilise pour que la désinformation ne prenne pas le dessus sur la réalité ». Jeudi soir, elle « contrera les mascarades des végans devant de nombreux abattoirs ».

La Coordination rurale « en appelle aux pouvoirs publics pour que cessent les campagnes répétées de dénigrement de l’élevage », accusant les végans de s’appuyer sur des « vidéos de propagandes », des « mises en scènes trompeuses » et des « manipulations de chiffres ».

« C’est insupportable alors même que les éleveurs et les professionnels des abattoirs, qui respectent la réglementation dans leur immense majorité, se débattent pour survivre, pour maintenir les emplois, bien nourrir la population et sauver l’un des fleurons de l’agriculture et du mode de vie à la française », explique-t-elle. 

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Commentaires 22

limousine

ce qui me surprend dans cette polémique, c'est qu'on ne parle jamais de la tuerie hallal qui prend de plus en plus d'importance dans les abattoirs et qui à mon sens ne respecte absolument pas le bien être animal. De plus plutôt que de faire des audits dans les abattoirs, m. LE FOLL ferait mieux de redonner un véritable pouvoir aux services sanitaires. Les effectifs diminuent, leurs missions aussi au profit des abattoirs. L214 sont comme d'autres associations connues : des semeurs de terreurs. Ce qui est déplorable c'est que les médias s'engouffre dedans. Pauvre FRANCE.

agri en Meuse

qui leurs permets de rentrer dans les abattoirs, ne font ils pas le jeu des grands groupes,(qui les aides un peu) au vu du marché saturé n'y a t'il pas des parts de marchés a prendre si les petites structures se cassent la gueule...
notre profession prend tous les coups bas, nos syndicats ne réagissent pas à la hauteur du problème, cette vidéo apparaît au moment du ramadan, interdisons l'abattage rituel, c'est contraire au bien être animal, quand vous voyez qu'ils pendent l'animal vivant avant de le saigner, pourquoi avoir mis en place des machines à étourdir alors que la plupart des animaux sont tués façons halal
le prix de la viande acheté au producteur est au plus bas, cette histoire ne va pas la faire remonter, pour glamnature les vétos gagnent mieux leurs vie avec les chats et autres toutous à sa mémère c'est certainement cet argument qui l'a encouragé à ne plus aller en ferme

pie 2013

Très peu de discussions sont possibles avec ces individus l214. pourquoi ne vont ils pas manifester devant les usines d' armes à tuer des hommes?. Vous leurs expliqués que les plantes vivent ont de la sève en remplacement du sang il parle la carotte la carotte

1584

Ni végétal , ni animal , qu'on leur jette des cailloux à tous ces L214!

Pickle

Pourquoi les éleveurs qui aiment leurs animaux et qui sont mécontents ne s insurgent pas plutôt contre la gestion des abattoirs, quels qu ils soient, qui salit l image de leur métier au lieu de taper sur L124 qui ne fait que relayer une réalité scandaleuse. Si les animaux étaient abattus dans des conditions décentes il n y aurait pas de polémique. Mais c est plus facile de taper sur le messager.

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