Défense du maraîchage haut-marnais

Avenir agricole et rural de la Haute Marne 52

La FRSEA de Champagne Ardenne a souhaité proposer à chaque maraîcher de la région une organisation collective pour défendre ses intérêts juridiques et économiques. Nadège WATIER, nouvelle responsable régionale de Légumes de France, est venue présenter son projet et écouter les attentes des producteurs haut- marnais. 

Défense du maraîchage haut-marnais

SYNDICALISME

La Haute Marne est un désert maraîcher mais il subsiste quelques îlots de résistance, voire de renaissance, qui reposent essentiellement sur une économie de proximité. Qu’ils soient en culture bio ou traditionnelle, les producteurs rencontrent des difficultés souvent identiques tant sur le plan technique que socio-économique.

Agir ensemble pour être mieux défendus

Nadège WATIER productrice de légumes dans la Marne a récemment pris la responsabilité de la Section Régionale de Légumes de France qui est aujourd’hui présidée par son prédécesseur Jacques ROUCHAUSSE. Elle explique sa démarche de redynamisation syndicale avec quelques acquis à l’appui, telles que les aides à l’investissement négociées avec le Conseil Régional qui pourront, à titre exceptionnel, porter sur du matériel d’occasion. en effet les maraîchers n’ont pas toujours les moyens d’investir dans du matériel neuf compte tenu de leurs marges et de leur diversification.

Le maraîchage reste une production complexe qui nécessite une veille technique très pointue adaptée au contexte pédoclimatique. Nadège Watier a ainsi fait la promotion des services de « planète légumes ». Cette structure est composée d’une dizaine de techniciens dont un spécialiste en agriculture bio. Elle est basée en Alsace mais développe son activité sur le Grand Est. Elle est principalement financée par des subventions lesquelles représentent près de 80 % de son budget, soit environ 1 000 €adhérent. Le Conseil Régional a ainsi accepté d’apporter une contribution de 15 000 € pour permettre à une trentaine de producteurs champardennais d’adhérer à un coût de base modeste de 150 € ; c’est un autre acquis syndical revendiqué par la responsable régionale.

 

Une veille technique de qualité

Produire des poireaux, des carottes, des salades ou des tomates n’a rien d’évident ; il faut compter avec le climat et surtout se défendre contre les prédateurs naturels.

Pierre HESSE technico-commercial et conseiller maraîcher de la société Compas (une filière de VIVESCIA) a rappelé la réglementation en matière d’environnement. Ainsi à partir du 1er octobre 2014 tous les maraîchers devront être détenteurs du Certiphyto.

La législation relative aux phytosanitaires est extrêmement évolutive et il est nécessaire d’avoir une information pointue voire des outils de saisie qui permettent d’éviter les erreurs.

Là encore «Planète Légumes» peut apporter une assistance efficace avec des logiciels d’enregistrement et la Société Compas des solutions techniques avec des pratiques et des traitements adaptés.

Le souhait de Nadège Watier serait de pouvoir aussi disposer d’un conseiller territorial délégué par Planète Légumes, mais il faudrait pour cela que la Champagne Ardenne rassemble davantage d’adhérents.

Une grande sollicitude des OPA

Anne-Dominique PIERSON a présenté les différentes mesures d’allégement de cotisations sociales et de prestations dispensées par la caisse de la MSA qui intervient aussi en appui d’autres démarches telles que le Fonds d’Allégement des Charges ou la cellule REAGIR.

Eprouvés l’an dernier par les calamités climatiques, un certain nombre de maraîchers ont aussi pu déposer un dossier.

La Chambre d’Agriculture propose par ailleurs de recenser les pratiques et les attentes des maraîchers de Haute Marne afin de participer à la mise en place d’un contrat de filière régionale qui pourrait accompagner le développement de la filière locale. Une enquête est envisagée avec la participation de l’Etablissement de Fayl Billot. 

Nadège Watier a fait part de sa propre expérience de traçabilité intitulée « Tradition Maraîchère Champenoise ». Cette démarche repose sur une charte de qualité facilement accessible et permettant une valorisation dans les grandes surfaces avec un visuel facilement reconnaissable (caissettes jaunes et vertes).

La FDSEA a aussi rappelé son offre de services notamment en matière d’accompagnement administratif dans les domaines juridiques et sociaux.

Avec tout cet encadrement les producteurs devraient se sentir un peu moins isolés et envisager plus sereinement des projets de développement. Il n’y a pas de fatalité à ce que la Haute Marne reste un désert maraîcher oublié.

 

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