Déficit fourrager : récolter des céréales immatures

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Face aux mauvaises récoltes d'herbe et de foin, voire de paille, les éleveurs ont tout intérêt à ensiler des triticales. C'est la stratégie adoptée à la ferme des Etablières.

Mercredi à la faveur des éclaircies à la ferme des Etablières, l'ensileuse était de service pour récolter des triticales en céréales immatures : un champ de 4 hectares mis à disposition par l'Afdi de Vendée. Dans la parcelle située à 3 km de l'exploitation, les épis sont au stade laiteux, et les tiges encore vertes contiennent encore suffisamment de cellulose. Les 60 mm tombés en trois semaines ont permis à cette céréale - hybride issu du seigle et du blé - moins gourmande en eau qu'un blé, d'exprimer tout son potentiel.

La plante a belle allure, avec ses 1,20 m de haut. L'ensileuse crache un fourrage grossier dans les deux remorques qui se relaient jusqu'au silo. «On espère obtenir un rendement moyen de 10 tonnes et de 30 à 35% en matière sèche » observe Franck Chaigneau, responsable de la ferme expérimentale. Pour lui, bon nombre d'éleveurs devraient cette semaine suivre cette voie pour faire face au déficit de fourrages, voire de paille. «La semaine prochaine sera la dernière fenêtre pour récolter les triticales ou avoines au stade immature. Après la tige sera moins appétante et l'épi, trop avancé, n'en sera plus au stade pâteux idéal » souligne Franck Chaigneau. «Pour les éleveurs, quand c'est possible, il vaut mieux privilégier cette stratégie que d'acheter des fourrages et de la paille.» conseille-t-il.
Pour l'instant et grâce à la pluviométrie du mois de juin, l'enrouleur n'est pas sorti. « Le maïs profite de cet épisode pluvieux. Les blés aussi. Il va permettre dans les terres profondes de faire plus de paille que ce l'on craignait début juin» estime l'ingénieur de la chambre d'agriculture. Pour lui le déficit en paille lié au coup de chaud sera très hétérogène. «C'est certain dans les terres de groies, et, dans les secteurs où le blé a souffert du déficit hydrique et du coup de chaud, les rendements vont en pâtir et la paille fera défaut. La demande en paille pour faire face au déficit en fourrages grossiers, notamment de foins et de paill,e va donc être conséquente cette année. »

Moins d'épis mais du bon grain

« Dans le sud Vendée la croissance des blés a été stoppé depuis le coup de chaud de la mi mai », confirme Thierry Rattier. Blés qui avaient déjà souffert d'un hiver rigoureux qui avait réduit leur tallage et fragilisé leur enracinement. Le déficit hydrique de mars et avril avait, lui, compromis leur montaison, sans parler d'un vol de cécidomyies qui ont produit des larves mangeuses de grain, ni d'une attaque de fusariose le temps d'un week-end sur les blés semés plus tard. Bref, moins de pieds, des tiges plus courtes, moins d'épis et moins de grains… Mais ce mois de juin est idéal d'un point de vue agricole pour les blés encore verts et pour le remplissage de ces grains qui vont, du coup présenter un excellent poids 1000 grains.

Source vendee agricole

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