Des mots de campagne

Jean-Philippe Arnaud

Les agriculteurs présents ont découvert les candidats en visionnant une vidéo très rythmée.
Les agriculteurs présents ont découvert les candidats en visionnant une vidéo très rythmée.

Xavier Beulin, président de la FNSEA, était présent en Loire-Atlantique le 7 décembre à l’occasion du lancement de la campagne de la FNSEA 44 et de JA 44 pour les élections à la chambre d’agriculture et la présentation de leurs candidats.

Fidèles à leurs engagements mutuels et à leur projet commun pour l’agriculture départementale, la FNSEA 44 et JA 44 ont accueilli Xavier Beulin, président de la FNSEA, le 7 décembre dernier, pour lancer leur campagne pour les prochaines élections à la chambre d’agriculture. La présentation des candidats proposés par les deux syndicats s’est faite en vidéo, où chacun a mis en avant un mot qui caractérise son projet pour l’agriculture départementale.

Nourricière

« Notre mission première est de nourrir la population », assure Alain Bernier, président de la FNSEA 44. « Nous constituons un secteur économique à part entière et nous sommes fiers de contribuer au développement du département », ajoute-t-il. Un développement synonyme de convoitise et donc de pression sur le foncier notamment, illustrée par le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes. « La FNSEA 44 et JA 44 sont opposés au projet. Nous l’avons fait savoir depuis le début », insistent les deux présidents. Mais les syndicats ne veulent pas se joindre à la contestation sur le terrain car les or­ganisations « extrémistes et les grou­pes activistes » qui mènent le combat « salissent l’agriculture et ses valeurs. Comment soutenir des mouvements qui vont, une fois qu’ils auront cessé leurs actions à Notre-Dame des Landes, empêcher un agriculteur de construire ici une porcherie ou là une réserve d’eau » ? Pour autant, les deux candidats s’engagent à poursuivre l’accompagnement de tous les agriculteurs qui le souhaitent « pour ne pas qu’ils restent au bord du chemin ». Pour sa part, Xavier Beulin est « solidaire de la position du département » et tient à rappeler certaines vérités. « Le projet d’aéroport au nord de Nantes symbolise la relation entre l’agriculture et le foncier », estime Xavier Beulin. « Mais la FNSEA n’a pas attendu Notre-Dame des Landes pour se mobiliser sur cette problématique. Dans la dernière Loi de modernisation de l’Agriculture, nous avons provoqué la mise en place des outils pour lutter contre la consommation excessive de foncier ». Le président du premier syndicat agricole de France prend pour exemples la constitution de la commission départementale de consommation des espaces agricoles, qui émet un avis sur les documents d’urbanisme créés ou révisés, ou encore la taxe sur les transactions foncières, même s’il faut « changer de braquet car cet outil est perfectible ». À propos des manifestations menées sur les lieux du futur aéroport, le patron de la centrale agricole met en garde : « ne nous trompons pas de combat. Ceux qui mènent la danse en ce moment ne veulent pas que du bien à l’agriculture. Ne mélangeons pas les genres ».

Stop

Autre sujet de prédilection pour le syndicat majoritaire : l’environnement. Combatif, Xavier Beulin veut continuer à l’être à l’occasion de la campagne électorale. « Stop ! On ne peut plus aller à des niveaux tels qu’ils nous sont demandés », déclare le responsable national. « Avec le cinquième programme directive nitrates tel qu’il nous est présenté aujourd’hui, une exploitation tout herbe en lait pourrait être amenée à exporter des engrais organiques et devoir acheter des engrais minéraux. On marche sur la tête » ! L’incohérence gouvernementale est aussi pointée du doigt. « Stéphane Le Fol, ministre de l’Agriculture, écrit qu’il faut réinvestir sur la politique de l’eau et, deux jours après, son homologue de l’Écologie, Delphine Batho, décide de tout arrêter : ce n’est pas sérieux », s’emporte Xavier Beulin.

Compétitivité

Reprenant les termes du projet de la FNSEA 44 et de JA 44, le président de la FNSEA insiste enfin sur la notion de compétitivité. « Ce n’est pas un gros mot », lance-t-il à l’assistance. « Nos compétiteurs ne sont plus au bout du monde : ils sont espagnols, polonais, allemands,… Quand une norme est à N en Europe, elle est à N + 2 en France. Nous devons toujours en faire plus. Par exemple le droit à la concurrence, qui est plus zélé dans notre pays qu’ailleurs : pourquoi n’est-il pas possible de donner un véritable pouvoir de négociation aux producteurs ? » Le président de la FNSEA cite aussi le coût du travail. S’il estime « qu’une baisse des salaires serait contre-productive, une baisse des charges qui pèsent sur ces salaires comblerait les écarts ». La finalité de ces propositions est évidemment de « permettre à tout agriculteur, par rapport à son système, ses marchés, son terroir, de trouver sa place, de s’épanouir et de gagner sa vie ».

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