Des victimes des pesticides manifestent au Salon

Des victimes des pesticides manifestent au Salon

Une vingtaine de personnes atteintes de maladies dues selon elles aux pesticides ont manifesté lundi au Salon de l'Agriculture pour demander le classement de ces affections en maladies professionnelles et le retrait des produits dangereux.

Une quinzaine d'agriculteurs malades, selon eux, des pesticides, ainsi que les veuves de quatre d'entre eux, mais aussi des dockers et des employés d'entreprises (qui manipulent les pesticides), se sont retrouvés devant le stand de l'UIPP, qui représente les industriels des pesticides. "L'objectif est de montrer qu'il y a plus de victimes que ce que l'on pense", a expliqué Paul François, président de l'association Phyto-victimes, et auteur d'une première judiciaire en France face au leader mondial de l'agrochimie Monsanto. Le 13 février,la justice a reconnu que la firme était "responsable" d'une intoxication à l'herbicide subie par le céréalier, qui l'a obligé à interrompre son activité pendant près d'un an.

Une cinquantaine de cas reconnus

Pour l'instant,la Mutuelle sociale agricole (MSA) n'a reconnu "qu'une petite cinquantaine de cas" de maladies professionnelles en lien avec les pesticides, selon Phyto-victimes. "Il y a une omerta chez les médecins et les agriculteurs. Nous ne voulons pas mettre les paysans les uns contre les autres: ceux qui font du productivisme sont victimes", eux aussi, des pesticides, souligne Jacky Ferrand, viticulteur qui a perdu son fils de 41 ans, également viticulteur, d'un cancer de la vessie, à cause des pesticides selon lui. "On a joué aux apprentis sorciers pendant des années. On nous a dit que les produits n'étaient pas dangereux", dénonce M. Ferrand, pour qui les conseils de protection des fabricants sont impossibles à mettre en oeuvre: "Vous me voyez faire mon job au milieu des vignes avec un scaphandre ?" "Les agriculteurs sont prêts à changer leurs méthodes, il faut leur en donner les moyens et que les firmes s'y mettent aussi", affirme Paul François.

Faire évoluer le tableau des maladies professionnelles agricoles

 "Par nature tout produit peut être dangereux (...) Il faut réagir au cas par cas", a répondu Jean-Charles Bocquet, directeur général de l'UIPP (Union des industries de la protection des plantes.)  "75% des produits qui étaient disponibles dans les années 90 ne sont plus aujourd'hui sur le marché", a-t-il précisé.

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a rencontré dans l'après-midi M. François, qui s'est dit "très satisfait de l'échange. "(Le ministre) nous a dit vouloir profiter du salon pour interpeller la MSA pour faire évoluer le tableau des maladies professionnelles agricoles", a-t-il précisé. Le ministre souhaite aussi "faire évoluer la législation sur les produits phyto-sanitaires au niveau européen", selon M. François.

Une réunion avec le cabinet du Premier ministre François Fillon sera organisée "dans la semaine", a indiqué un de ses membres présent lundi sur le salon.

Source d'après AFP

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