Dominique Guillemine, producteur de lait à St-Mars d'Egrenne (61) : Vérité, démocratie, engagement et efficacité.

Thierry Guillemot

Dominique Guillemine, producteur de lait à St-Mars d'Egrenne (61) : Vérité, démocratie, engagement et efficacité.

L'année 2009 ?

“Très concrètement et avec un exercice comptable qui s'achève au 31 mars, nous sommes passés de 360 e/1 000 l à 290 e/1 000 l avec des volumes en moins. Pour le GAEC (110 ha et 454 000 l de quota), l'année s'est soldée par une baisse du chiffre d'affaires de 36 000 e dont 4 000 pour les céréales malgré des rendements corrects. On a réussi à faire 20 000 e d'économies mais ça ne va pas compenser le manque à gagner.”

L'accord de juin 2009 ?

“C'est un mauvais accord qu'il fallait signer car on a quand même été payé 38 e/t de plus que les Allemands. Soit au niveau de notre exploitation, un différentiel de 18 000 e. Il ne faut pas avoir la mémoire courte. Le pendant de l'ADL (Aide Directe Laitière), c'était le libéralisme qui laisse faire le marché. Il est monté très haut pour redescendre très bas. Beaucoup n'avaient pas mesuré cet aspect, ce qui explique la gravité de certaines situations. Il faut rappeler à ce titre que l'on ne bâtit pas un projet sur un prix du lait à un moment T”.

L'année 2010 ?

“On assiste à une légère reprise mais ça ne va pas être suffisant pour refaire les trésoreries des exploitations”.

Contractualisation ?

“Je n'envisage pas de produire du lait demain sans savoir combien et à quel prix. Je n'envisage pas non plus d'en négocier le prix tout seul. Le syndicalisme et l'interprofession ont donc encore un grand rôle à jouer.”

S'adapter ?

“Nous devons avoir un objectif de résultat.Un des leviers importants de compétitivité, c'est le coût alimentaire qui représente 2/3 des charges opérationnelles. Dans notre système économe qui privilégie l'herbe, nous n'avons pas donné à nos vaches un kg de concentré du 16 avril au 31 décembre et notre coût alimentaire qui était de 45 e /1 000 l devrait encore baisser.Dans notre région, l'herbe est donc un atout qu'il faut optimiser pour passer les caps difficiles même s'il ne sera jamais possible de tout compenser. Du côté des céréales, c'est sur des rotations un peu plus affinées que nous allons travailler pour dégager quelques marges de manoeuvre.

L'engagement syndical ?

“J'ai été salarié pendant 15 ans, jamais carté. Dès que je me suis installé en 1999, je me suis syndiqué. Syndiqué à la FDSEA même s'il est plus facile de faire de la démagogie que de dire la vérité. Quatre mots forts me viennent à l'esprit : vérité, démocratie, engagement et efficacité. Vérité : en octobre 2008 comme au printemps 2009, si la FNPL n'avait pas signé d'accord, les industriels auraient appliqué un prix européen. C'est ça la vérité. Démocratie parce qu'en tant que simple militant, je participe à des réunions départementales et régionales où j'ai pu mesurer ô combien nos représentants sont à l'écoute de la base. Il ne s'agit pas d'une organisation pyramidale dans laquelle tout se décide au sommet. Engagement, parce que c'est un endroit de dialogue d'où l'on dégage des compromis. On y fait preuve de responsabilité. Engagement aussi dans le combat syndical. Jean-Michel Lemétayer a refusé un poste de député européen qui aurait sans doute été plus confortable que celui de président de la FNSEA. Efficacité enfin avec cet accord de juin 2009 qui, même s'il n'était pas satisfaisant, a été mieux disant qu'un non accord.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier