Dossier : Le bel avenir des circuits courts

Dossier réalisé par Arnaud Carpon

Dossier : Le bel avenir des circuits courts

Diversifier son activité, renforcer le lien avec les consommateurs, récupérer de la valeur ajoutée pour une meilleure rémunération de son travail... Les motivations pour raccourcir les circuits de commercialisation ne manquent pas.

Les initiatives individuelles, collectives ou coopératives se multiplient donc, notamment chez les jeunes agriculteurs. Parce que ces derniers rencontrent des difficultés pour mettre en oeuvre leur projet, et parce que la demande des consommateurs est croissante, la volonté politique de développer ces fameux circuits courts est enfin exprimée, en attendant la mise en place d'une gouvernance territoriale cohérente.

C'est quoi un circuit court ?

Le rapport du groupe de travail « circuits courts de commercialisation » mis en place suite au Grenelle de l'environnement, a défini les contours des circuits courts. Selon cette définition, ces derniers regroupent deux grands types de commercialisation :
- la vente directe des producteurs aux consommateurs (vente à la ferme, collective, sur les marchés, en tournées, par correspondance, organisée à l'avance, accueil à la ferme avec consommation sur place des produits de la ferme..) ;
- la vente indirecte à condition qu'il n'y ait qu'un seul intermédiaire.

Diversification, magasins collectifs, vente directe du producteur au consommateur, produits fermiers, modes de commercialisation alternatifs…

Depuis plusieurs mois, les circuits courts de commercialisation font de plus en plus partie des sujets traités par les médias. Cet affichage médiatique s'est d'ailleurs renforcé depuis que la profession agricole, JA en tête, dénonce des règles du jeu très inégales entre les différents acteurs des filières agroalimentaires et réclame, outre un Observatoire des prix et des marges digne de ce nom, une répartition plus équitable de la valeur ajoutée. Une médiatisation qui pourrait laisser croire que le phénomène est nouveau. Or les circuits courts tels qu'ils sont nommés aujourd'hui, existaient bien avant les quotas laitiers, avant même la naissance de la Pac. « La vente directe est par essence ancrée dans l'histoire de l'agriculture, souligne Bernard Mondy, économiste à l'Ecole nationale de formation agronomique (Enfa). C'était même autrefois le principal mode de commercialisation. » Pendant les Trente Glorieuses, la Pac est créée dans le but premier de nourrir les Européens de manière satisfaisante en quantité et en qualité. Les filières longues qui se sont développées ont parfaitement joué, et continuent dejouer ce rôle.

« Dans les années 90, les agriculteurs ont été plongés dans la tourmente de la crise de la vache folle, explique Sophie Dubuisson-Quellier, chargée de recherche au Centre de sociologie des organisations (CNRS - Sciences Po), spécialiste des circuits courts, notamment militants et auteur de La consommation engagée (Ed. Les presses de Sciences Po). Placés trop en amont des filières, ils n'ont pas eu les moyens de se défendre. Sans être des réponses directes à cette crise, les circuits courts ont été considérés par les agriculteurs comme un moyen de mieux faire connaître leurs contraintes et leur métier. » Un temps surmédiatisés, ces circuits courts ont été trop souvent présentés comme s'opposant aux filières longues, voire comme l'unique alternative à l'agriculture dite traditionnelle.«Or cette opposition n'a jamais été le reflet de la réalité », précise-t-elle.

 

Source Ja Mag Novembre 2009

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