Echanges internationaux : Quand l'Argentine découvre l'Aveyron

Eva DZ

Après l'Australie pour son SPI, Nicolas Vacquier a travaillé quelques temps en Argentine en 2005 sur l'exploitation de Jorge Goujon. Le jeune agriculteur français l'a invité en retour avec sa famille à venir découvrir l'Aveyron, notamment son agriculture.

Le séjour de trois semaines en France s'achève à peine pour la famille Goujon venue d'Argentine, qu'elle évoque déjà un possible retour ! C'est dire leur satisfaction pour leur premier voyage en Europe pour le grand plaisir de Nicolas Vacquier, tout jeune agriculteur qui les a invités en Aveyron. Tout a commencé en septembre 2005 lorsque Nicolas est parti «découvrir de nouveaux horizons agricoles» en Argentine. Par l'intermédiaire de Bernard Quintard, prêtre pendant 10 ans en Argentine, il a été accueilli sur l'exploitation familiale des Goujon.
Installé dans la province de Chaco au Nord de l'Argentine, Jorge Goujon est associé avec son frère et deux de leur fils, ingénieurs agronomes, sur une exploitation de 2000 ha répartis entre les cultures (soja, maïs, sorgho, tournesol sur 1 000 ha) destinées à la vente et l'engraissement de veaux sur 1000 ha de pâtures, terres non cultivables. De plus, 23 salariés sont embauchés sur la ferme.
La particularité de l'exploitation, le point qui a particulièrement intéressé le jeune agriculteur français, est le semis direct. «Tout est semé en semis direct sur la ferme Goujon, les cultures comme les pâtures, c'est un peu leur credo», avance Nicolas. En effet, Jorge et son frère font partie d'une association technologique du semis direct. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'ils ont décidé d'accueillir le maximum de gens sur leur exploitation afin de partager les expériences sur ce procédé de cultures et les différentes pratiques.

« Produire pour nourrir ses animaux »

Nicolas fut le premier stagiaire européen accueilli sur la ferme. Pour Jorge, cet échange est l'occasion de découvrir «une autre façon de vivre». Accompagné de sa femme Graciela et de sa fille Anahi, il ne regrette pas son voyage : «C'est vrai que ça nous fait peine de voyager, le trajet est long mais nous sommes contents d'échanger avec les jeunes». Sans cacher son «admiration pour les Européens qui ont colonisé son pays», il suit beaucoup ce qui «se fait chez vous en matière de semences, de rendements, ... c'est un bon moyen de mettre en commun nos connaissances».
D'autres surprises attendaient l'agriculteur argentin, lorsqu'il a découvert l'Aveyron, département d'origine de son grand-père. Il cite en vrac : la taille des parcelles, «toutes petites par rapport à nos grandes étendues», le souci des agriculteurs à préserver l'environnement (mise aux normes des bâtiments, fumières, fosse, ...) et le fait de «produire pour nourrir ses animaux et non pour vendre». Il a dressé ce constat en visitant plusieurs fermes : la porcherie de M. Flottes au Piboul, l'élevage Veau d'Aveyron et du Ségala de Cédric Pouget à La Boissonade, l'élevage ovins lait de Jean-Marcel Vergely à Vezins et l'élevage avicole de la famille Quintard à St Félix de Lunel.

Source La Volonté Paysanne

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