Economies d'énergies en agriculture : Des exploitations plus autonomes en énergie

François Fournier

Economies d'énergies en agriculture : Des exploitations plus autonomes en énergie

Le marché de la production d'énergie est en plein essor. Cette activité doit cependant être bien réfléchie par l'agriculteur qui veut monter un projet. Des formations lui permettent d'y voir plus clair.

Procéder à un diagnostic

A l'image de l'ensemble de la société, les dépenses d'énergie représentent une source d'interrogation pour les agriculteurs. Pour y voir un peu plus clair dans ce domaine, la PRA Dore Bois Noirs a réalisé une formation de 2 jours sur le thème « énergie et agriculture ».
Dans un premier temps, il est nécessaire de mesurer la dépense énergétique globale d'une exploitation. Geneviève Vidal, chargée d'études à la Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme explique que : « trop souvent, on limite les flux d'énergie consommés à l'électricité et aux carburants. Mais, les achats d'intrants nécessaires au fonctionnement de l'exploitation (aliments du bétail, engrais, produits phytosanitaires …) génèrent aussi une consommation énergétique ». Les diagnostics « planète » sont un outil opérationnel pour prendre conscience de l'impact énergétique des pratiques agricoles et du fonctionnement de l'exploitation.

Penser à faire vérifier les performances des tracteurs

Penser à faire vérifier les performances des tracteurs

Penser économies d'énergie …

La première préoccupation doit être d'économiser l'énergie, en agissant sur les différents postes de dépenses : modes de production moins consommateurs d'intrants, privilégier l'autonomie fourragère pour limiter les achats extérieurs, réfléchir sur les coûts de fonctionnement des bâtiments et matériels. Sur ces derniers points, Charles Henri Layat – FDCUMA 63 – et Philippe Moreau – conseiller bâtiment à l'EDE – ont apporté leur expertise.
Pour le matériel de traction, le banc d'essai est un bon indicateur du fonctionnement des moteurs (puissance – couple – consommation), et permet de refaire des réglages en vue d'une efficacité optimum. Dans les bâtiments, plusieurs paramètres sont à réfléchir dès la conception :
• coût de construction, et de fonctionnement pour la distribution de l'alimentation,
• nettoyage et épandage des effluents…
Des équipements tels que les récupérateurs de chaleur sur les groupes des tanks ou les systèmes de pré-refroidissement du lait permettent aussi d'alléger la dépense en électricité.

Procéder à des économies d'énergie dans son bâtiment

Procéder à des économies d'énergie dans son bâtiment

 

… avant de devenir producteur

Après avoir réfléchi aux économies possibles sur leur exploitation, les participants ont examiné les possibilités de production d'énergie à partir des bâtiments agricoles.
Au cours de la deuxième journée, Sébastien Dufour de l' Aduhme,( agence locale des énergies), a présenté différents modes de production : bois énergie, petit éolien, solaire thermique et surtout photovoltaïque qui suscite un intérêt croissant.
La production d'électricité à partir du soleil représente un investissement conséquent (de 600 à 1000 euros le m² de panneau installé). Il est indispensable de bien définir son projet en amont (dimensionnement, kW produits …), en prenant l'avis de plusieurs sociétés sur le rendement prévisionnel de l'installation. Selon les capacités de financement du porteur de projet, les panneaux photovoltaïques seront installés à titre privé (quelques m² sur une maison d'habitation) ou à titre professionnel.

Le parc des éoliennes s'agrandit

Le parc des éoliennes s'agrandit

 

Penser aussi « juridique » et « fiscal »

Le raccordement doit aussi être examiné de près pour injecter l'énergie produite dans le réseau EDF. Souvent, les lignes électriques de proximité qui desservent les bâtiments agricoles et les villages supportent difficilement plus de 36 kWc (kilowatts crête), soit la production de 250 m² de panneaux photovoltaïques. Pour des puissances supérieures, le re-calibrage de la ligne électrique est à charge du producteur d'énergie. L'installation de panneaux photovoltaïque nécessite de nombreuses demandes d'autorisation (environ 6 à 8 mois de démarches administratives), dont l'avis d'ERDF sur les modalités de raccordement au réseau général.
Produire de l'énergie signifie aussi de bien baliser les aspects fiscaux et juridiques. *Sur ce point, la production d'énergie est une activité encore récente pas forcément très bien encadrée juridiquement. Michel Jeannot juriste de la Chambre d'Agriculture, souligne la nécessité de bien regarder les termes des contrats qui lient le producteur à ERDF et surtout de créer une société de droit commercial indépendante de l'activité agricole (pour les exploitations au bénéfice réel projetant des installations photovoltaïques de taille importante). Pour compléter la réflexion des producteurs potentiels d'énergie, Damien Simon de CER France Puy de Dôme Avenir, a détaillé les incidences fiscales de la revente d'énergie à ERDF, ainsi qu'une étude de rentabilité pour différentes tailles d'installations, du projet individuel sur une maison à la réalisation de 850 m² de panneaux sur un bâtiment agricole. Dans ce dernier cas, le retour sur investissement est de l'ordre de 12 à 15 ans. Le solaire photovoltaïque est réellement un pari sur l'avenir.

Pièces jointes

Source Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires