Ecophyto2 : les prescripteurs priés de réduire leurs ventes de phyto de 20%

Sophie Caron

Ecophyto2 : les prescripteurs priés de réduire leurs ventes de phyto de 20%

Stéphane Le Foll a présenté le deuxième volet du plan de réduction de l’utilisation des phytosanitaires, Ecophyto 2. Parmi les nouveautés : la mise en place d’un dispositif pour inciter les distributeurs à réduire leurs ventes de 20% aux agriculteurs ou à promouvoir des solutions de remplacement par le biais de « Certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP)».

Le ministre de l’Agriculture a présenté mercredi à la presse le deuxième volet du plan Ecophyto qui vise la réduction de 50% du recours aux produits phytopharmaceutiques en France en 10 ans. Un plan qui n’est en aucun cas une « sur-transposition » de règles européennes, se défend le ministre,  mais  la stricte traduction française de la directive 209/128 qui impose aux États-membres de fixer des objectifs chiffrés de réduction des risques et impacts liés aux produits phytosanitaires.

Ce deuxième plan se situe dans la lignée de celui lancé par Michel Barnier, en 2008, mais avec quelques ajustements et nouveautés. D’abord, le ministre a revu le calendrier puisque l’objectif initial d’une baisse de 50% à l’horizon 2018 semble bien impossible à atteindre. Rappelons que la ferme française a, au contraire, vu ses doses de pesticides utilisées grimper en moyenne de 5% par an entre 2009 et 2013.

Une réduction de 25% d’ici à 2020

Désormais, l’objectif fixé est donc une réduction de 25% d’ici à 2020 puis une réduction supplémentaire de 25% à l’horizon 2025. Pour atteindre ce chiffre, le ministre compte s’appuyer sur le réseau des fermes DEPHY. Des exploitations qui ont montré que la réduction de l’utilisation des pesticides était possible puisque l’on observe une baisse de 12% des traitements entre 2012 et 2013 dans les fermes DEPHY de polyculture élevage et moins 11% en arboriculture.  

Leur nombre, aujourd’hui de 2.000 sera élargi à 3.000 mais le ministre veut pouvoir diffuser les bonnes pratiques qu’elles ont mis en place à 30.000 exploitations et ce, par le biais des chambres d’Agricultures et des instituts techniques.

Mais la grande nouveauté de ce deuxième plan c’est d’abord la mise en place des certificats d'économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP) pour les distributeurs de produits phytopharmaceutiques, sur le modèle des certificats d'économie d'énergie.

 

CEPP : une expérimentation de 5 ans avant sanctions

Concrètement, les distributeurs devront mettre en place des actions auprès de leurs adhérents ou clients permettant de réduire l’utilisation et l’impact des phyto ou visant à les remplacer par des produits de biocontrôle. La mise en place de ses actions leur permettra d’obtenir des certificats qui seront équivalents à une réduction des ventes.

Par exemple, une coopérative qui distribue des produits phytosanitaires pourra payer les services d'un conseiller agréé à l'ensemble de ses adhérents, ce qui lui vaudra un certificat qu'elle pourra faire valoir au bout des cinq ans pour éviter d'être sanctionnée.

"Si au bout de cinq ans il n'y a pas de résultats, à ce moment-là, il y aura des sanctions", a expliqué le ministre. Une sanction qui serait équivalente à la marge brute moyenne réalisée par le distributeur sur la vente de chaque unité de pesticide non diminuée, à raison de 11 euros le NODU (Nombre de doses unités). Chaque distributeurs se voyant affecté un objectif de réduction en terme de NODU. L'idée est "qu'il n'ait pas intérêt à vendre du phytosanitaire inutile", explique-t-on. Les détails du dispositif seront connus d'ici la fin de l'année pour une mise en application le 1er juillet 2016.

Un comité consultatif de gouvernance du plan Ecophyto était réuni mercredi au ministère pour mettre en place un groupe de travail CEPP avec les parties prenantes. Le plan Ecophyto 2 sera doté d'un budget de 70 millions d'euros par an, issu notamment de la redevance pour pollutions diffuses.

 

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Commentaires 10

doubida

@stopcepp

de quoi doutes tu? je n'ai pas honte de dire que la repartition de la pac est scandaleuse , que oui dans mon secteur j'ai gagné 150 000 euros net ds l'année 2012 , et que dans ces cas là je ne devrait pas toucher de primes et je gagnerai deja beaucoup
oui c'est mon experience jeune j'etais le petit coq sur de tout savoir et né avec un fendt sous les fesses , et puis les etudes les stages ( pas a 100 m de chez papa ) dans des elevages , dans des zones intermediaires a petit potentiel et les liens que j'y ai gardé mon fait evolué , oui comme un con j'ai demandé a un maitre de stage qu'est ce qu'il faisait avec ses pneus de batteuses pour qu'ils soit tailladés nous qui avions à la maison des pneus comme neuf 15 ans apres les avoirs achetés , oui je n'ai compris jeune que certains usaient un jeu de disque de cover crop en 3 ans quand nous au bout de 20 ans on peut encore tourner avec , oui je croyais en sortant de chez papa que les mecs qui faisaient 65qx et pas 110 etaient des bons a riens et que c'etait normal que les aides aillent au plus productif , oui je ne savais pas ce que c'etait de faire des clotures en plein hiver quand nous on restait au chaud à la maison ....comme quoi ca fait du bien d'aller voir ailleurs, j'en ai gardé des liens tres fort avec ces regions y maintenir une agriculture c'est au dela du simple prisme de la production c'est aussi maintenir un tissu rural , de l'activité, des paysages et des hommes et la situation de ces zones m inquiete

les propos de marin347 sont peu utiles , les phytos sont des produits dangereux voir tres dnagereux ca ne fait aucun doute , les precautions prises ( epi , connaissance ...) par les agriculteurs sont largement insuffisant , ce niveau de dangerosité necessite des process de securité , une grande connaissance des produits , aujourd'hui on est plutot dans la situtations de pieds nickeles jouant aux apprentis chimistes , un examen et plus de la moitié des paysans seraient interdits d'utiliser des phytos
la hausse d'utilisation des produits phytos n'est pas toujours du a un besoin , la hausse des cours a entrainé un investissement supplementaire pour aller chercher des quintaux , les resistances herbicides a causes de rotations mediocre ( cv'est ou je plains les zones intermediaires qui ne peuvent pas faire les cultures qu'ils veulent)

quant à fab , les raccourcis sont navrant , les antibiotiques sont la pour soigner les hommes avec un rapport benefice , il existe de multiple moyen de limiter les pesticides association d'especes , melanges de variétés , observation , malheureusement on se rends colmpte que bien peu de paysan savent ou trouver leur champ pour faire des comptages , des seuils de nuisibilité et au final ce n'est pas parce que d'autres activités polluent que l'agriculture peu polluer , ecophyto 1 est un echec on ne peut donc pas dire que les contraintes assoment les agriculteurs

de toute façon le probleme est pris dans le mauvais sens , il est temps d'aller vers une assurance revenu , on ne peut pas prendre le risque d'avoir des cultures qui ne levent pas a cause d'insectes de champignons etc.... prendre le risque climatique ( mal assuré aujourd'hui) ne pas savoir ni combien on va produire ni combien on va le vendre ni combien seront nos charges d'engrais etc.... c'est une activité d'une precarité extreme , la bonne manifestation c'est de dire ok on y va on reduit mais derriere il faut qu'on appui nos activités sur une certitude, aujourd'hui on passe pour des fans de pesticides , des pollueurs accrocher a leur sacro sainte mixture

marin 347

si il y a une chose a supprimer dans ce pays ses 2 millions de fonctionnaire qui servant a rien qua faire chier tout le monde pas étonnants que les entreprises licencie quand ont vois toute ses tracasseries il prennent les agri pour des tarées comme si ont s amuser a traiter pour le plaisir au prix ou coutent les phytos ont vraiment gouvernement de bons a rien

fab

si la chimie est dangereuse supprimons les médicaments les médecins les hôpitaux les vaccins.
1ère source de pollution les antibiotiques et les résidus de médicament
mais faut pas le dire tout le monde est concerné
2éme les hormones 'pilules contraceptives
faut pas le dire.....droit des femmes
3éme loin derrière l agriculture
alors là les medias et tout le gratin parisien se déchainent les agris ne sont plus assez nombreux pour se rebeller et non plus le temps a cause de la paperasse
ou alors donnons une binette au 5 millions d assistés je voulais dire chômeurs pour travailler 6jours sur 7 pour 100 euros par mois
pour qu' ils voient la réalité de l agriculture et des agriculteurs
du coup moins de phyto plus de chômeurs
et surtout beaucoup détesterons le bio ....

geo

@AIGLE201: Comment voulez-vous que les responsables agricoles cherchent à changer le système quand ils siègent à la fois au syndicat, à la chambre et à la coop(qui contrôle la commercialisation des produits phytos)? Cela fait déjà bien longtemps que l'agriculteur ne décide plus de grand chose et nul ne doute que les coop trouveront une parade à ces certificats. Avec Ecophyto 1 aussi l'usage des pesticides était censé diminuer...or, +25% entre 2009 et 2013. Commençons par limiter la monoculture et respecter le sol, c'est la première des parades pour maitriser tous les parasites de la plante.

Tig

Ne pas produire en France pour acheter ailleurs de la bouffe ogm . Drôle de politique...

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