Élargissement de la "directive nitrates": les agriculteurs découragés

Élargissement de la "directive nitrates": les agriculteurs découragés

Deux des principaux syndicats agricoles ont dénoncé jeudi l'élargissement de la "directive nitrates" annoncée par Ségolène Royal mercredi, qui pourrait avoir un coût social très important auprès des éleveurs, selon eux.

La Coordination rurale, "dénonce un nouveau coup de boutoir contre le revenu et le moral des agriculteurs qui sont déjà au plus bas". "Cette annonce va avoir pour effet de décourager les producteurs et de les envoyer grossir le rang des chômeurs plutôt que de les mobiliser pour apporter encore plus à l'économie productive", regrette le syndicat dans un communiqué. Même son de cloche du côté de la FNSEA, qui estime dans un autre communiqué que "les élevages et les petites exploitations" seront "les premières victimes" de cette décision. Elle demande, tout comme la Coordination rurale, "de rouvrir un débat communautaire de fond sur la "directive nitrates" et d'intégrer les bonnes pratiques et les innovations dans les programmes d'action".

Muscler la politique de lutte contre les nitrates

 La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, a annoncé jeudi que 3.800 communes supplémentaires seront classées "zones vulnérables aux nitrates", en plus des quelque 19.000 communes qui le sont déjà. Ce classement oblige les agriculteurs de ces communes à adopter un traitement plus écologique, notamment vis-à-vis des déjections animales, productrices de nitrates qui polluent l'eau. L'an dernier, la Cour de justice européenne a condamné la France pour manquement à l'application de la "directive nitrates", mais sans prononcer de sanctions financières, ce qu'elle peut encore faire cette année. Un arrêt en manquement de la Cour sur le sujet est d'ailleurs attendu le 4 septembre prochain, selon le ministère de l'Agriculture, qui rappelle que la France est passible d'une amende de 20 millions d'euros avec des astreintesmensuelles estimées à 3,5 millions d'euros. D'où l'urgence de muscler la politique de lutte contre cette pollution. Guy Vasseur, président des Chambres d'agriculture comprend qu'il faille répondre à Bruxelles mais estime que "la réaction donnée par la France n'est pas en phase avec la réalité du terrain". Le choix des nouvelles communes s'est plus fait "en fonction des cours d'eau que des nitrates", essentiellement dans des zones d'élevage, dans le Limousin et en Midi-Pyrénées, regrette-t-il.

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Source avec AFP

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Commentaires 9

brubru

si on classe des communes solognotes en zone vulnerable dans le loir et cher ça va etre une catastrophe pour l'agriculture surtout qu'il y a tres peu d'agriculteur,il ya deja des périmetres de protection autour des chateaux d'eau dans certaines communes. Adhérent et délégué cantonal FDSEA41

@ altitude

Oui ça et autre chose , un voisin à laisse d octobre à mars son fumier en zone inondable en bord de pré, et bien sur la rivière est sorti de son lit plusieurs fois baignant le fumier

disasterpieces

@cscn12 et celui d'avant, le problême c'est que les gars qui font la zonage de la ZV s'appuient sur des analyses d'eau et raisonnent bassin versant du coup si tu as un ou deux types qui ont des pratiques hyper polluantes c'est tout le monde qui prend en ce retrouvant dans la zone

cscn12

a altitude1014 : il ne faut pas generaliser les ppratiques de certains! comme dans tous les métiers il y a des abus mais il reste encore des agriculteurs qui font bien leur metier sous signe officiel de qualité notamment!

@altitude1014

Ne sous entant pas que c'est une pratique courante, c'est faux.

Si tu revois cela, tu appelles soit la gendarmerie, sous la police de l'eau. De telle "connerie" doivent cesser!

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