Elevage : Des veaux toute l'année pour fournir la grande distribution

Elevage : Des veaux toute l'année pour fournir la grande distribution

Une filière courte et organisée, des veaux sous la mère valorisés par deux labels : c'est ce qui a permis à Aurélie Carles de s'installer.

Si je m'installe aujourd'hui, c'est parce que j'ai poussé mes parents dans une démarche de qualité.» En Gaec avec ses parents depuis avril 2011, Aurélie Carles élève 50 veaux sous la mère. Cette production typiquement locale d'animaux lourds – le veau de l'Aveyron et du Ségala – est valorisée par un Label rouge et une Identification géographique protégée (IGP).

Tout a commencé lors d'un stage chez un éleveur de veaux sous la mère. Aurélie réalise qu'« il faut se démarquer». De retour à Saint-Cyprien-du-Dourdou, dans le Nord de l'Aveyron, elle convainc ses parents d'abandonner les broutards. Car la filière du veau d'Aveyron est organisée depuis les années 90.

Aurélie et ses parents livrent leur production à la SA4R, le leader du secteur (450 producteurs sur un total de 700). Depuis sa création en 1996 par des éleveurs, cette société anonyme travaille en partenariat avec l'abatteur Bigard et le distributeur Auchan.

Cette filière raccourcie assure aux producteurs un débouché sécurisé. Mais il faut «produire toute l'année» pour satisfaire la grande distribution. Outre des vêlages répartis sur 12 mois, Aurélie explique avoir «les mêmes contraintes que les éleveurs laitiers : il faut faire téter les veaux matin et soir». Les veaux, issus de race à viande, doivent boire le lait maternel.

Une alimentation complétée par des céréales (achetées à l'extérieur) et du foin (produit sur place). Pour obtenir une viande rosée – et non rouge – le pâturage d'herbe fraîche, riche en fer, leur est interdit. Seule exception : «Si le veau a vu le jour dehors, il peut y rester un mois avec sa mère.»

Bien surveiller la «pousse des veaux»

Dans cette production traditionnelle, le savoir-faire de l'éleveur est déterminant. La «pousse des veaux» fait l'objet de toutes les attentions. Si elle est trop rapide et que l'animal dépasse les 390 kilos, il sera déclassé en broutard et expédié en Italie ou en Espagne. Manque à gagner : 1€ le kilo. Une somme loin d'être négligeable sur un prix de vente moyen de 5,25 €. Au contraire, avec une croissance trop lente, le veau atteindra la limite d'âge (10 mois) sans le poids optimal.

Alors qu'Aurélie et son père Jean-François s'occupent des 150 bovins et des 70 ha de terres, Elise, la mère, gère un atelier porcin : 32 truies à faire reproduire et leur descendance à engraisser. L'exploitation fournit la boucherie-charcuterie de la commune. Avec des porcs vendus à 1,6 € le kilo, ce débouché en vente directe représente une «chance » pour Aurélie.

De quoi assurer «quasiment le salaire de ma mère», précise l'éleveuse. Même si elle trouve l'exploitation «trop dépendante des aides», elle s'estime «heureuse que mes parents aient une exploitation saine». De quoi envisager sereinement son projet de vie : l'arrivée sur la ferme de son compagnon, aujourd'hui paysagiste, d'ici quelques années, quand ses parents prendront leur retraite.

Source JA Mag

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