Elles profitent du plein air toute l’année

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

Hubert Paucot élève son troupeau limousin en plein air intégral. Un mode de conduite qui lui convient parfaitement.

Guère plus sauvages que des bovins abrités en hiver en bâtiment, les limousines d’Hubert Paucot affichent des performances tout à fait satisfaisantes.

Ne demandez pas à Hubert Paucot quand il compte rentrer ses animaux, et pour cause. Installé en 1982 après plusieurs années de travail comme aide familial sur l’exploitation paternelle, cet éleveur de limousines n’a connu que le plein air intégral. Et s’il dispose de quelques bâtiments, ces derniers n’hébergent, été comme hiver, que du fourrage. Une pratique qui peut paraître incongrue dans un département pas spécialement réputé pour la clémence de son climat.

Des charges réduites, une marge accrue

“Dès l’origine, il s’agissait d’une considération économique et de réduire au maximum les frais”, se rappelle Hubert Paucot, qui n’utilise des parcs que pour finir certains veaux plus difficiles à engraisser.  Alors pourquoi changer un système qui a fait ses preuves ? En toute modestie, l’éleveur estime en effet que ses limousines n’ont rien à envier en termes de développement, poids carcasse et qualité à celles de ses collègues. Pour preuve, des GMQ(1) qui, au printemps, peuvent atteindre 1,8 kg. Mais ce qui fait véritablement la différence, ce sont des charges réduites au minimum et donc une marge accrue : pas d’annuités de bâtiment, des économies de carburant, des frais vétérinaires restreints, un état de propreté permanent des bovins et l’absence de transitions alimentaires entre les saisons et donc de stress digestif...

Priorité à l’observation

De fait, d’un point de vue sanitaire, le plein air présente aux yeux de l’éleveur de multiples atouts : “J’ai beaucoup moins de soucis, je ne vaccine pas contre certains virus dont la concentration des animaux en bâtiment favorise la multiplication. J’ai quelques boiteries, mais c’est rare”, commente l’éleveur de Saint-Paul-des-Landes pour qui le mot d’ordre du tout plein air est l’observation des animaux. La distribution journalière de fourrage au champ lui permet ainsi de repérer toute anomalie : une vache isolée, qui traîne... mais aussi de garder un contact avec ses vaches, guère plus farouches que leurs consœurs abritées à la mauvaise saison. Bien sûr, il reconnaît que les conditions de travail sont parfois rudes avec de la glace qu’il faut briser dans les abreuvoirs l’hiver et des temps d’intervention pour les soins plus longs (l’éleveur s’est équipé de fait d’un parc de contention mobile). Mais il préfère cette vie au grand air. “Il faut juste s’adapter”, sourit-il. L’éleveur craint néanmoins les périodes pluvieuses avec vent et froid qui s’éternisent (“même si elles deviennent rares”) avec le risque de voir les sols altérés par le piétinement des animaux.  Heureusement, une partie des 115 ha de l’exploitation est en secteur sableux. Hubert Paucot prend soin malgré tout de ne pas distribuer son foin dans un ratelier ou en ligne pour éviter cette dégradation et que les animaux ne se gênent. Les grands froids peuvent également provoquer des engelures sur les veaux naissants et générer une consommation plus élevée de fourrages. Côté vêlages, dont 60 % environ s’étalent de septembre à novembre, le passage progressif à la race limousine et le choix de taureaux de monte typés élevage, voire mixte, donnant de petits gabarits à la naissance, ont allégé en partie les contraintes.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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