Embargo russe : le Parlement européen veut plus d'aide aux agriculteurs

Embargo russe : le Parlement européen veut plus d'aide aux agriculteurs

Le Parlement européen met la pression pour que l'UE accroisse son soutien aux agriculteurs face à l'embargo russe sur les produits alimentaires, à la veille d'une réunion exceptionnelle des ministres de l'Agriculture.

Sans surprise, les députés baltes, finlandais et polonais, dont les pays sont frappés de plein fouet du fait de la dépendance du marché russe de leurs secteurs laitier et/ou maraîcher, ont été les plus prompts à saisir l'occasion d'un débat à la commission de l'agriculture.

L'UE doit prendre "des mesures importantes pour alléger les pertes des agriculteurs (...) la solidarité est essentielle", a ainsi relevé le libéral finlandais Olli Rehn, ancien commissaire aux Affaires économiques.  Le conservateur polonais Jaroslaw Kalinowski a plaidé pour que les 28 puissent puiser dans la réserve de crise de quelque 430 millions d'euros par an prévue par la Politique agricole commune (PAC) pour secourir les agriculteurs.

Dans l'immédiat, ce financement n'est plus envisagé, les mesures de soutien déjà prises par la Commission européenne, pour un montant d'environ 175 millions d'euros, devant être financées dans le cadre du budget agricole 2015, selon une source européenne.

Ne pas « surréagir »

"L'agriculture est victime d'un conflit" qui la dépasse, a souligné le député UMP français Michel Dantin. Il a prôné une révision à la hausse du budget de la PAC, en dépit de la fin de non-recevoir pour le moment opposée au sein de l'UE à cette option.  L'eurodéputée britannique Diane Dodds a, quant à elle, demandé une réintroduction des subventions à l'exportation, progressivement abolies ces dernières années.  Cette mesure est aussi réclamée par plusieurs États-membres, même si elle n'est pas à l'ordre du jour dans l'immédiat, selon un diplomate.

Soucieux de ne pas "surréagir" alors que l'impact réel de l'embargo russe ne se précisera que dans les mois à venir, les ministres doivent surtout faire le point vendredi sur les outils à leur disposition, selon la même source européenne. Cet arsenal inclut la possibilité pour les États d'avoir recours à des aides publiques, et de financer des mesures de stabilisation des revenus des agriculteurs.

Plusieurs pays, dont les producteurs fruitiers du sud eux aussi très touchés (Espagne, Grèce, Chypre notamment) souhaitent également étendre la liste des produits éligibles aux mesures déjà annoncées par la Commission sous forme de retrait indemnisé du marché pour les fruits et légumes périssables, et d'aide au stockage pour les produits laitiers.

Source AFP

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