En direct du plateau TV de Terre d'Infos : Faites vos courses : en finir avec ce conflit stérile agriculture /distribution

Justine Hervé

En direct du plateau TV de Terre d'Infos : Faites vos courses :  en finir avec ce conflit stérile agriculture /distribution

Sujet brûlant, dimanche dans le Débat de Terre d'Infos, animé par Claude Carré : le clivage qui oppose agriculteurs et grande distribution face au développement croissant de la consommation de masse.

Se font face pour animer ce débat, différents acteurs importants du secteur agricole. Tout commence avec une déclaration franche et directe du président de la chambre d'agriculture de l'Hérault, tous n'ont ici qu'une aspiration : en finir avec ce conflit stérile agriculture /distribution.

On assiste alors, dans un premier temps, au procès fait à la grande distribution par le monde agricole. L'exemple est criant : le prix d'une tomate est en moyenne multiplié par dix lorsque l'on passe du producteur au consommateur lambda d'une grande surface. La question est : qu'est-ce qui justifie une telle hausse des prix ? Pour sa défense, le président Casino dénonce l'aspect caricatural de cette déclaration. En réalité le bénéfice moyen d'une grande surface ne serait que de 14%, chiffre bien en deçà de l'a priori général. Sachant que la coopération des deux parties est aujourd'hui un passage obligé, une proposition unanime est lancée, le mot d'ordre serait : plus de clarté pour les deux camps.

Les AMAP, un autre mode de consommation

Une autre alternative, de plus en plus en vogue, est l'apparition du paysan « entrepreneur ». Les AMAP proposent un autre mode de consommation. Considérant que ce sont les intermédiaires qui lèsent consommateurs et producteurs, ce système permet aux citadins de se fournir directement chez un paysan proche de chez eux, et ainsi de favoriser une agriculture de qualité et l'enrayement d'une incompréhension mutuelle générée par la course au gigantisme de notre mode de consommation. Le chiffre est parlant : 88% des personnes interrogées souhaitent mieux connaître la provenance du contenu de leur assiette.

A ce propos l'un des intervenants remarque judicieusement : plutôt que d'inculper systématiquement la grande distribution pour les choix de consommation de la population tout entière, ne faudrait-il pas plutôt cesser de considérer le consommateur comme une bête abrutie, incapable d'être justement acteur de sa manière de vivre ?

Réfléchir à son acte d'achat

De fait, n'y a-t-il pas un travail d'éducation et de responsabilisation alimentaire à entreprendre face à l'attente d'une masse simplement ignorante de ce qui est bon et de ce qui ne l'est pas. Précisément, une pomme un peu abîmée n'est pas forcément sanitairement plus mauvaise que le fruit rond et luisant traité au préalable par pas moins de 13 phytosanitaires. Le cri de ralliement est donc le suivant : réfléchir à la manière de choisir notre salade journalière est aussi un acte déterminant dans la sauvegarde future de notre agriculture.

Publié par Justine Hervé

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