En direct du plateau TV de Terre d'Infos : L'agriculture n'est pas épargnée par la crise

Justine Hervé, étudiante AgroParisTech

Au coeur de la crise économique contemporaine, l'agriculture n'est pas épargnée. Les secteurs les plus touchés sont ceux des fruits et légumes et de l'élevage. Seuls rescapés de ce naufrage, les céréaliers restent malgré tout sur un marché relativement porteur.

Mais le malaise actuel s'explique aussi par des problèmes plus anciens. Le problème réside déjà dans l'emploi inégalitaire qui a été fait des subventions de la Pac, les céréaliers auraient été largement bénéficiaires de ce système ; au détriment des éleveurs. Le démantèlement de la Pac depuis deux à trois ans n'a rien arrangé :elle entraîne la désagrégation progressive des dernières mesures susceptibles de protéger le marché agricole français contre la volatilité des prix. Les exploitants se retrouvent alors seuls et désorganisés face au risque économique.

Dans ce cadre, une interrogation s'impose au monde agricole,dans quelle mesure la Pac n'a-t-elle pas retardé ce mouvement d'une plus grande organisation des professionnels déjà amorçé dans d'autres pays ?

La grande distribution pointée du doigt

Une autre cause résurgente peut expliquer la situation observée. D'après un sondage de l'UFC, le prix du boeuf à l'étalage aurait augmenté de 50% alors que le prix payé au producteur aurait diminué de 15%.Qu'est-ce qui peut justifier un tel écart ? Qui profite de la marge ainsi réalisée ? La grande distribution est ici directement pointée du doigt par le monde agricole. Avec 25% de marge réalisée par le premier contre presque 0 pour le second, le bilan est assez clair. On recense en effet pas moins de 10.000 coopératives agricoles pour à peine 4 grandes chaînes de distribution qui peuvent donc s'octroyer le privilège d'imposer les prix qu'elle souhaite.

La réponse face à ce manque d'organisation serait de regrouper les coopératives, en vue de faire entendre leur voix et donc d'avoir plus de poids pour influencer l'évolution des prix. On aboutirait à une meilleure visibilité du marché agricole et surtout à une gestion plus autonome de l'agriculture française.


Renforcer la contractualisation

Une autre alternative pour enrayer les répercussions de la fluctuation des prix pourrait être la contractualisation, à savoir l'établissement d'un accord entre producteur et client pour fixer un prix moyen sur trois ans,évitant par là les inconvénients liés à la variation des prix à court terme.

Ce débat se referme sur une note qui se veut positive. L'Europe est un grand marché, il offre des débouchés énormes à l'agriculture française,en considérant que les Hommes auront toujours besoin d'être nourris, celle-ci s'affirme donc comme une valeur sure et pérenne . Il suffit peut-être juste de lui faire confiance.

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