Energie : Changer ses pratiques

Carole de Boyer d'Eguilles

Avant de penser à remplacer le pétrole par des biocarburants et le fioul par un chauffe-eau solaire, bref, avant d'investir, la meilleure alternative aux dérivés du pétrole est de réduire sa dépendance aux énergies fossiles en modifiant ses pratiques. D'autant que la taxe carbone va venir grever le poste fioul des exploitations.

Bien sûr, un tracteur pourrait rouler à l'huile végétale pure, mais ce n'est pas sans danger pour le moteur. Le diester en France n'est pas non plus disponible pour les agriculteurs sous forme de B30 ou pur. Les alternatives aux dérivés du pétrole, notamment par le développement de la chimie verte, existent, mais demandent parfois de lourds investissements, alors pourquoi ne pas commencer par la mise en oeuvre d'actions de réduction de la consommation de pétrole ou de fioul ?

Economiser du carburant

Quelques chiffres au préalable, selon FNCuma, 40% des tracteurs sont surpuissants ce qui peut entraîner une usure prématurée et une surconsommation, 20 % font une mauvaise combustion du carburant, ce qui a pour conséquence une mauvaise valorisation du carburant et plus d'émissions de CO2 et 50 % ont un débit de pompe différent de celui annoncé par le constructeur. Un tracteur de 100 CV bien réglé effectuant 600 h/an permet d'économiser 900 l de fioul, soit environ 675 €/an d'économies et de réduire vos émissions de CO2 de 3,5 t. Un petit tour sur un banc d'essai peut donc s'avérer source d'économie. La taille des tracteurs et du matériel doit être adaptée aux besoins de l'exploitation. Selon la Chambre d'agriculture de la Manche, une diminution de 30 CV de la puissance d'un tracteur peut entraîner une économie de carburant de 30 %, soit une économie de 350 l pour 50 vaches laitières (VL). Faire des économies sur le poste gazole passe également par un bon entretien : changement périodique des filtres, contrôle du débit et du calage de la pompe d'injection pour ajuster au mieux les quantités de carburant utilisées, tarage des injecteurs pour optimiser la combustion, pression des pneumatiques, nettoyage du radiateur, des ventilateurs réversibles…Pensez également aux bonnes corrélations tracteur-outil, puissance-besoin (trop de puissance induit de la surconsommation, pas assez de puissance conduit à de la surconsommation et à une durée des travaux plus longue) et tracteur-répartition du poids (lester à bon escient). Enfin, il est possible d'adopter une conduite patte de velours ou écoconduite. Il vous faudra connaître les courbes de couple, de puissance, de consommation, le rapport boîte de vitesse, puis adapter votre régime moteur à la charge (voir encadré : ci-dessous Adapter le régime moteur).

 

Adapter le régime moteur

Les conseils de la CUMA Midi-Pyrénées :

Les travaux à la prise de force nécessitent de travailler à un régime donné, correspondant à la vitesse normalisée de la prise de force (540 ou 1 000 tr/min). Lorsque la puissance demandée est moyenne ou faible, il est préconisé, (lorsque le tracteur en est équipé) d'utiliser le régime PDF économique (autour de 1 600 tr/min) qui permet d'économiser 1 à 3 l/h selon les cas. Si la vitesse de travail souhaitée n'est pas atteinte, il faudra engager le régime PDF normal (autour du régime nominal).

Les travaux lourds de traction peuvent être réalisés à différents régimes. Si la vitesse d'avancement n'a pas d'incidence sur la qualité du travail, il faut passer un rapport de vitesse supplémentaire pour travailler dans la zone économe (le plus souvent entre 1600 et 1900 tr/min) tout en gardant une petite réserve pour faire face à des passages difficiles. Dans les autres cas, il faut baisser le régime moteur pour travailler dans la plage optimum. Il ne faut pas avoir peur mécaniquement de faire chuter le régime : la combustion est alors meilleure, les organes tournent moins vite et s'usent moins.

Les travaux légers de traction et les déplacements. L'objectif est d'atteindre le meilleur compromis entre vitesse d'avancement élevée et faible régime moteur ( 1200 tr/min quand c'est possible). Les nouvelles boîtes de vitesses (powershift ou à variation continue) s'adaptent automatiquementà la charge. Elles permettent de rouler à 40 km/h à seulement 1 600 tr/min. Sur route un tracteur de 100 CV consomme de 60 à 90 l/100 km. Des économies de plus de 20 % sont possibles.

Extrait de la fiche technique Economie de carburant, Cuma Midi-Pyrénées

Source Ja Mag Novembre 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires