Energies renouvelables : La communauté de communes du Mené avant-gardiste

Bénédicte Bouchot

Soucieux de l'avenir économique du territoire et anticipant sur l'évolution du paysage énergétique, les élus et les habitants du Mené se sont engagés dans une démarche visant à l'autosuffisance énergétique : consommer moins que ce que l'on est capable de produire localement de manière durable.

A la fin des années 90, un groupe d'agriculteurs prend conscience de la fragilité du modèle agricole. En s'interrogeant sur la viabilité d'exploitations agricoles et leur impact environnemental, ils créent une association, Mené Initiatives Rurales (MIR), qui réunit des agriculteurs et des non agriculteurs pour réfléchir à la problématique du traitement des lisiers. La dynamique territoriale est lancée. Elle se matérialise notamment par le projet de méthanisation Geotexia.

Le projet de méthanisation Geotexia

Ce projet de 15,3 millions d'euros (dont 5,3M€ de subventions) permet de traiter 38 000t de lisiers et 37 000t de coproduits issus d'entreprises agroalimentaires locales (abattoirs,…).

Valorisant à la fois des déchets issus de l'agroalimentaire et des effluents agricoles, cette unité permet de produire conjointement de l'électricité (13 800 MWh/an) et de la chaleur (14 400 MWh/an) directement valorisée sur place pour l'exportation du digestat. La problématique environnementale rejoint la question énergétique, et l'unité permet à la fois de :

- Répondre à la réglementation en matière de traitement des lisiers en valorisant les matières organiques du territoire,
- Trouver une solution compatible avec l'économie des exploitations,
- Contribuer à l'autonomie énergétique de la Bretagne,
- Réduire les émissions de gaz à effet de serre (9 800t de CO² évitées/an).

D'autres projets pour économiser l'énergie...

La communauté de communes du Mené ne s'est pas arrêtée en si bon chemin et a développé dès 2006, en plus de Geotexia qui suivait son cours, d'autres projets :

- L'huilerie Ménergol, montée par la CUMA, a la capacité de produire 1 500t d'huile de colza carburant, soit deux fois la consommation des machines et tracteurs agricoles de la communauté de communes en utilisant en partie la culture sur 10% de la SAU.

- Les chaufferies et réseaux de chaleur des bourgs et villages, consommant les plaquettes de bois produites localement. Les puissances s'échelonnent de 40 à 320kW, pour des réseaux allant de quelques dizaines de mètres jusqu'à un kilomètre. Au total, plus de 1 000t de bois chaque année, soit le remplacement de plus de 300t de fioul.

- Des parcs éoliens à 300m d'altitude entre Manche et Océan, pour une puissance totale de 25 MW.

- La construction de la pépinière d'entreprises Ménerpôle, premier bâtiment BBC, accueille aujourd'hui 5 jeunes entreprises du domaine de l'énergie.

- Un programme de construction de 30 logements à « énergie positive », c'est-à-dire sans consommation de combustible de chauffage.

- Un dispositif destiné à la réhabilitation énergétique des bâtiments d'habitation et tertiaires, avec l'objectif de 200 logements par an.

...et être autosuffisant d'ici quelques années

L'ensemble de ces projets, dont l'investissement total représente 27,5 millions d'euros, permettront d'ici 2030 de produire plus d'énergie qu'il n'en est consommé, y compris par l'industrie qui représente environ un tiers de la consommation.

En 2013, les besoins seront couverts à 25%, puis, en 2020, à 75%.

Le Mené est devenu un véritable « modèle » de la maîtrise et du développement des énergies renouvelables en milieu rural.

Publié par Bénédicte Bouchot

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