Engrais : les ventes se redressent

Engrais : les ventes se redressent

Après un effondrement des ventes en 2009 en raison de la crise, les fabricants d'engrais ont enregistré en 2010 un chiffre d'affaires en hausse de 23% à 2,33 milliards d'euros, annonce l'Union des industries de la fertilisation (Unifa).

Les livraisons d'engrais en France métropolitaine ont progressé de 18% à 9,8 millions de tonnes, par rapport à la campagne précédente. Elles n'atteignent toutefois pas le niveau des 10 millions de tonnes dépassé en 2007-2008, a souligné l'Unifa lors d'une conférence de presse. En 2009, le chiffre d'affaires du secteur des engrais avait fondu de moitié à 1,8 milliard d'euros par rapport à 2008. Même si les ventes se sont redressées depuis la crise de 2009, le chiffre d'affaires n'a pas retrouvé son niveau de 2008 (3,9 milliards d'euros).

L'Unifa a aussi mis en garde contre un risque d'épuisement des sols. "Les livraisons d'engrais minéraux sont en baisse continue depuis plus de 20 ans"
en France, a souligné Joël Morlet, président de l'Unifa. C'est surtout le cas du potassium et du phosphore, deux engrais de "fond", dont les livraisons ont chuté respectivement de 69% et 65% depuis le début des années 1990.

La consommation d'azote a également baissé (-14%) mais dans une moindre mesure. "De l'azote, l'agriculteur va toujours en acheter" même en cas de coup dur économique, a expliqué M. Morlet. En revanche, l'agriculteur fera plus volontiers l'impasse sur le potassium et le phosphore.

Mais pour l'Unifa, si les agriculteurs suivent cette tendance "il sera difficile de maintenir les rendements actuels dans certaines régions". "C'est à contre-courant des évolutions mondiales et des efforts de productivité à fournir" pour nourrir à terme l'ensemble de la population mondiale, fait valoir l'Unifa qui appelle à un "retour à une fertilisation renforcée".

engrais mineraux

Les livraisons d’engrais minéraux sont en baisse depuis plus de 20 ans

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Commentaires 1

anto

Certes les agriculteurs nourrissent moins leurs terres en phophore et en potasse, c'est une réalité. Mais la véritable question, c'est pourquoi?. Dans certaines régions agricoles, les revenus ne sont peut être pas suffisant pour leurs permettre d'acheter ces engrais. Peut être que ces engrais sont trop cher, et qu'il faut investir pendant longtemps (10 ans) pour arriver à remonter les rendements et avoir un retour sur l'investissement. Il serait intéressant de mettre ce graphique en corrélation avec le prix de ces engrais. Et pour plus de précisions, il faudrait établir une carte de france de la quantité de ces engrais épandu par région agricole pour savoir si cette diminution est liée aux difficultés économiques de certaines régions agricoles céréaliéres ou le potentiel de rendement est moins élevé que d'autres, d'ou la difficulté de ces agriculteurs a acheter les engrais.

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