Ensilage d’herbe : la sécurité alimentaire du troupeau

Catherine Perrot

L’herbe doit sécher 48 heures en andain avant d’être ramassée.
L’herbe doit sécher 48 heures en andain avant d’être ramassée.

Pour Jean-Marc Ménoret, éleveur à Anetz, l’ensilage de RGI représente un stock alimentaire alliant qualité et quantité. Cette année, la première récolte semble particulièrement bonne.

«Nous sommes à l’optimum de la qualité ! » Éleveur laitier à Anetz, Jean-Marc Ménoret est actuellement en pleine période de pointe pour ses travaux des champs : fauche de l’herbe, ensilage, épandage de fumier puis semis de maïs vont se succéder dans les jours qui viennent à un rythme soutenu. Mais il garde le sourire : tout est bien calé, les chantiers organisés, les matériels réservés à la Cuma et surtout, l’herbe qu’il s’apprête à ensiler est d’excellente qualité.
« Le RGI a une bonne valeur alimentaire si on le récolte tôt et si on a apporté l’azote au bon moment », commente l’éleveur. Pour les 21 hectares de RGI semés début septembre, le meilleur stade tombait cette semaine, pile au moment d’une bonne fenêtre météo, nécessaire pour la fauche, les 48 heures de fanage et la mise en silo.
Ce lundi, l’éleveur a donc effectué sa première coupe, sur ses 21 hectares de RGI. « Avec un collègue, nous avons pris les deux faucheuses de 3,5 m de large de la Cuma. Chacune allant à 2,5 km/h. Ensemble, nous avons récolté les 21 hectares en quatre heures. Ça fait beaucoup de volume en peu de temps ! ».
Cette première coupe représentera quelque 4,5 tonnes de matière sèche. Six semaines plus tard, la deuxième coupe devrait lui rapporter 3 tonnes de MS ; la troisième et dernière, en foin, 2 tonnes supplémentaires. Le RGI ensilé, associé au maïs, dans des rations (1/3 ; 2/3) apporte une bonne autonomie alimentaire à l’exploitation.
Depuis qu’il s’est retrouvé seul à la tête de 85 ha et 500 000 l de lait (après le départ de ses parents du Gaec), Jean-Marc Ménoret a fait le choix d’un système intensif en lait, et surtout simplifié et optimisé en temps de travail. Le RGI y participe : « J’ai diminué le pâturage (1), d’une part, parce que cela représente du temps de travail (clôtures, aller chercher les vaches) ; d’autre part, parce que nos terres sont vite séchantes au printemps. »
Le RGA, ou le RGA/TB, avaient une production assez vite limitée au printemps lorsque le système était plus extensif. « Nous étions souvent justes en stocks. Aujourd’hui, avec le RGI, ce n’est plus le cas. Étant seul, je ne dois plus laisser de place pour l’imprévu ! »

Ensilage d’herbe : la sécurité alimentaire du troupeau
1) Aujourd’hui, le pâturage des animaux en production se limite à la journée, pendant environ un mois et demi. En revanche, Jean-Marc Ménoret n’hésite pas à tarir beaucoup de vaches, assez longtemps, et à les laisser en permanence se reposer à la pâture.

Robot de traite non saturé

Jean-Marc Ménoret est équipé d’un robot de traite depuis un an, et il a fait le choix de ne pas saturer l’outil : « Je dépasse rarement les 50 vaches à traire au robot. Ainsi, il n’y a pas d’animaux à « pousser », donc moins de travail pour moi. Il y a aussi moins de problèmes sanitaires, et le nombre de traites par vache augmente : la semaine dernière, j’étais à trois ! » Lorsque Jean-Marc Ménoret pense augmentation de la production, il ne l’envisage que comme « augmentation de la production par vache », via une ration bien équilibrée (qui comprend de la luzerne déshydratée) et un travail sur la génétique. Pour l’heure, ses vaches sont à 11 500 kg par an.

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