Entreprises de Travaux Agricoles : Améliorer sécurité et compétitivité

Thierry Guillemot

Entreprises de Travaux Agricoles : Améliorer sécurité et compétitivité

Le premier contrat de prévention signé avec la MSA par une entreprise de travaux agricoles est à mettre à l'actif de l'Orne. Son patron, Philippe Lair, a témoigné lors des travaux de l'ARETAR.

Beaucoup d'entrepreneurs dont une présence soulignée de hauts-normands, des tables rondes suivies de débats nourris (...), l'assemblée générale de l'ARETAR(1), qui s'est tenue vendredi dernier à Bagnoles-de-l'Orne (61), témoigne du dynamisme d'une association et d'une profession qui posent des jalons pour l'avenir. Son président, l'ornais René Herbaudeau, y croit d'ailleurs dur comme fer. A la question: “que retenir de 2008 ?”, il répond : “sans aucun doute l'euphorie puis le repli des prix agricoles, la flambée et l'effondrement des cours du baril de pétrole mais aussi la crise bancaire qui est passée par là et enfin une économie mondiale en crise. Heureusement, notre profession a pour habitude de faire face aux imprévus, aux aléas climatiques et aux pannes afin de satisfaire au mieux les clients. C'est pourquoi je fais entièrement confiance à la capacité d'adaptation des entrepreneneurs pour passer ce cap difficile !”.

Rigueur et professionnalisme

“La crise économique qui secoue le monde doit néanmoins nous rappeler que si nous sommes passionnés par notre métier d'entrepreneur, une certaine rigueur dans la gestion est plus que jamais d'actualité”. Optimiste mais réaliste le patron des entrepreneurs de travaux agricoles. Une rigueur d'ailleurs imposée parfois par la loi, notamment celle sur les délais de paiement. “Un dossier chaud”, selon Patrice Gauquelin et Daniel Poulain, respectivement secrétaire général et secrétaire adjoint de l'ARETAR. Elle fixe désormais à 45 jours fin de mois ou à 60 jours à partir de la date d'émission de la facture les délais maximum de paiement. S'il est inscrit dans la loi, ce changement d'habitude répond également à une gestion plus en adéquation avec les contraintes quotidiennes de toute entreprise confrontée aux réalités du marché. Féru de machinisme et la tête constamment dans le guidon (ou plutôt le volant de leur tracteur, moissonneuse-batteuse ou autre ensileuse) les entrepreneurs de travaux agricoles reconnaissent certains points d'amélioration. C'est pourquoi ils revendiquent l'homologation d'une formation spécifique de niveau IV: le BCEDT (voir en page 27) qui pourrait à terme devenir obligatoire. “On ne s'improvise pas entrepreneur de travaux agricoles. Il faut faire reconnaître vos capacités à être professionnels”, encourage un agriculteur, Jean-Philippe Mesnil, par ailleurs président du CDFA (Comité Départemental de Formation Agricole et Rurale).

30 contrats de prévention en France

Ce professionnalisme, certaines ETA proposent de le mettre également au service de la sécurité à l'instar de l'entreprise Lair de Tinchebray (61) sous forme d'un contrat de prévention. Une trentaine dont un en Basse-Normandie ont à ce jour été signés. Le contrat de prévention est un accompagnement privilégié de l'entreprise en matière de prévention des risques professionnels par les acteurs de prévention MSA. C'est un outil pour s'interroger sur les conditions de travail et sur les possibles solutions pour les améliorer. Outre l'intérêt de l'aide financière apportée par la MSA, le contrat de prévention se distingue par le fait que l'accompagnement s'inscrit dans la durée (2 à 3 ans) et se réalise dans l'entreprise en créant une démarche participative.
C'est ainsi que l'entreprise Lair s'est équipée d'une fosse de vidange avec plancher règlable en hauteur et d'une fosse de lavage des engins pour leur partie inférieure. Elle a également investi dans une plate-forme élévatrice. D'autres projets sont en cours de réalisation : portes isolées avec hublot, sols non glissants, extracteur de fumée, aspirateur de poussières, outils d'aide à la manutention...
Le total de l'investissement représente 148 000 e subventionnés à hauteur de 35 300 e (24 %).La sécurité, même aidée, représente donc un coût mais “le confort des salariés, c'est important pour les garder,” insiste Philippe Lair, données chiffrées de l'ancienneté de ses employés à l'appui. Et Alain Bernoux (conseiller prévention à la MSA Mayenne/Orne/Sarthe) de rebondir : “améliorer la sécurité, c'est aussi améliorer la productivité”. Et si vous n'êtes pas totalement convaincus, vous pourrez toujours en discuter avec Philippe Lair et ses employés. L'entreprise ouvrira ses portes le vendredi 6 et le samedi 7 mars prochains.

Un nouveau régime santé pour les employés des ETA

Les partenaires sociaux de l'agriculture, sous l'égide de la FNSEA, ont signé le 10 juin dernier un accord initial qui met en place un régime de prévoyance et une complémentaire santé obligatoire pour les salariés non-cadres de la production agricole. En Basse-Normandie, cet accord entrera en vigueur le 1er juillet 2009. A ce titre, ce régime apportera à tous les salariés de la profession ayant au moins 6 mois d'ancienneté un complément de remboursement de frais de soins de santé performant, permettant aux entreprises de bénéficier de l'exonération de charges sociales sur la part patronale de la contribution et aux salariés de déduire la part salariale de leurs revenus imposables. L'ARETAR, en signant une convention avec AGRICA, a anticipé de 6 mois par rapport aux obligations légales et négocié une assurance complémentaire santé d'un très bon niveau.

Sophie Blondeaux (déléguée régionale AGRICA) .

Sophie Blondeaux (déléguée régionale AGRICA) .

 

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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