Environnement : Disparition du grand hamster d'Alsace : des associations portent plainte

Alsace nature et quatre autres associations écologistes ont déposé deux recours contre le préfet de la région Alsace sur des projets d'urbanisme dans les zones de survie du grand hamster, un rongeur menacé d'extinction, en dénonçant une gestion « catastrophique » du problème.

« Nous contestons la manière dont le préfet a instruit ces dossiers » qui concernent l'implantation d'une plate-forme d'activités économiques de 120 hectares et d'un important parc d'activités, en pleine « zone de reconquête » du hamster, a déclaré le président d'Alsace nature, Maurice Wintz.

« Le préfet a décidé unilatéralement que la procédure de consultation des associations écologistes n'avait pas lieu d'être engagée », contrairement aux assurances de la secrétaire d'Etat à l'Environnement Chantal Jouanno en décembre dernier, a-t-il expliqué.

« Nous constatons aujourd'hui qu'il n'y a pas de politique d'Etat pour protéger le hamster, que le préfet décide au coup par coup et qu'il n'y a aucune lisibilité des projets d'urbanisme », estiment les associations qui citent plusieurs autres dossiers délicats en attente. Le grand hamster d'Alsace est un rongeur en voie d'extinction, protégé depuis 1993, dont il ne resterait que 400 individus, soit 0,1 terrier à l'hectare, alors que le seuil de viabilité est de deux terriers à l'hectare. Il est menacé à la fois par les opérations d'urbanisme qui grignotent son territoire et par la monoculture du maïs, alors qu'il se nourrit de luzerne et de céréales à paille. Sa disparition, et le fait que la France n'ait rien fait pour favoriser sa survie vaut à Paris une plainte de Bruxelles devant la Cour européenne de justice pour non assistance à ce mammifère en Alsace, son dernier territoire.

Les cinq associations préconisent un ensemble de mesures dans le domaine scientifique, dans l'aménagement du territoire et pour l'amélioration de la diversité des cultures, dans dix pages de recommandations. Dressant le constat d'échec de l'« accord-cadre » de novembre 2008 ratifié par Alsace nature, le conseil général du Bas-Rhin, la chambre d'agriculture du département et la communauté urbaine de Strasbourg, elles réclament la création d'une nouvelle structure de concertation. « Les conséquences de la plainte de Bruxelles, les amendes, les astreintes qui nous menacent sont beaucoup plus chères que les plans que nous proposons », relèvent-elles.

Source AFP

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