Environnement : Tout un arsenal de solutions pour réduire l'usage des phytos

P. OLIVIERI

Invité par le GVA lundi soir, Christophe Bras, du groupe Phyt'Eauvergne, a exposé les pistes pour réduire la pollution des eaux par les phytosanitaires et utiliser des solutions alternatives.

Après le débat sur l'impact environnemental de l'élevage l'an dernier (toujours sous les feux de l'actualité, voir notre page 8), le GVA de Lafeuillade-Montsalvy avait décidé de consacrer son assemblée générale le 22 février à Marcolès aux moyens de réduire l'utilisation des produits phytosanitaires dans son secteur. Certes, cette question n'a ici, en Châtaigneraie cantalienne, pas la même acuité, et de loin, que dans des régions françaises plus généralement pointées du doigt, à l'image des plaines céréalières de la Beauce ou plus proches, de la Limagne. Pour autant, Christophe Bras du groupe régional Phyt'Eauvergne (voir encadré), a révélé, résultats de prélèvements et cartes à l'appui, que le bassin versant du Célé n'était pas totalement indemne d'une contamination de ses eaux de surface par les substances actives (ou leurs métabolites) de ces phytosanitaires. Ainsi, s'il enregistre de moins en moins de pics de pollutions par les phytos dans ses eaux souterraines, ce bassin (prélèvements à Maurs) fait encore l'objet de pollutions ponctuelles (pas uniquement liées à l'activité agricole) comme celle constatée en 2008. Les herbicides les plus couramment retrouvés sont ceux utilisés sur maïs (acétochlore...), mais aussi des produits à usage multiple comme le glyphosate.
“Il faut relativiser, ça reste chez vous raisonnable, a temporisé C. Bras. Mais des marges de progrès sont toujours réalisables”.

La bonne dose, au bon moment, “si nécessaire”

Justement le groupe Phyt'Eauvergne travaille à la diffusion de ces bonnes pratiques permettant de réduire les pollutions. À commencer par les pollutions diffuses, avec une règle de base : “la bonne dose, au bon moment et si nécessaire”. L'installation de bandes enherbées permet par ailleurs de réduire la zone non traitée à 5 mètres minimum le long des cours d'eau pour certains produits. Ainsi, dans le cas de l'acétochlore, la distance non traitée (de 50 m normalement exigée) peut être ramenée à 5 m via une bande enherbée, à condition d'avoir des buses anti-dérive sur son pulvérisateur et de noter l'ensemble des traitements sur son cahier phytos (obligation réglementaire). Le choix des molécules, en privilégiant celles à moindre grammage à l'hectare, les pratiques culturales (rotation des cultures, choix variétal, utilisation de mélanges de céréales,...), le désherbage mécanique (avec herse étrille, houe rotative, bineuse sur cultures en rang, désherbineuse...) ou encore la lutte biologique (diffusion de trichogrammes par exemple dont les larves se fixent sur la pyrale du maïs), font aussi partie de l'arsenal à la disposition des agriculteurs. Autres préconisations délivrées contre les pollutions ponctuelles : équiper son matériel en dispositifs adaptés (cuve de rinçage, clapet anti-retours, potence, biobac,...), sécuriser les étapes de remplissage et rinçage, traiter en tenant compte de la pente, adapter le sens du semis... “L'idée est d'aller vers une production intégrée en essayant au maximum de prévenir plutôt que traiter”, a conclu Christophe Bras.
Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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