ETA : L'ARETAR croit en l'avenir d'EDT Normandie

Thierry Guillemot

Réunis en congrès annuel vendredi dernier à Caen, les ETA (Entrepreneurs de Travaux Agricoles) ont été rassurés sur leur avenir par Vincent Chatellier (économiste et ingénieur de recherche à l'INRA).

Ne dites plus ARETAR mais EDT Normandie. L'Association Régionale des Entrepreneurs de Travaux Agricoles et Ruraux, fondée en 1994, s'est mue en Entrepreneurs Des Territoires. Autre évolution majeure, le syndicat chapeaute désormais les 5 départements normands. Vendredi dernier lors de son assemblée générale annuelle, son jeune président, Didier Cairon, et son conseil d'administration ont accueilli des représentants de l'Eure et de Seine-Maritime. Une nouvelle dynamique pour entreprendre les chantiers de demain.
Et dela dynamique, les entrepreneurs doivent en déployer. Car si l'agriculture est plongée dans un marasme conjoncturel toutes productions confondues, les dommages collatéraux sont à craindre. Pour bien appréhender la situation actuelle et tenter d'y voir plus clair demain, EDT Normandie avait invité Vincent Chatellier à plancher sur “les productions agricoles, la PAC et la mondialisation : bilan et perspectives”.Un discours sans langue de bois de la part de l'économiste et ingénieur de recherche à l'INRA et, in fine, plutôt rassurant.

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Une fiscalité déraisonnable

“Vous devez démontrer aux agriculteurs que vous êtes vecteurs de productivité, acteurs de leur efficacité économique en générant de l'EBE dans les exploitations. La restructuration du monde agricole vous est favorable”.C'est donc un changement de sémantique qu'a proposé Vincent Chatellier à son auditoire. Ne pas évoquer la prestation de services en terme de coût mais bien plus en celui de plus-value qu'elle génère au niveau de l'exploitation. Une plus-value sous forme d'économies de charges, plus particulièrement les charges de mécanisation ostensiblement dans l'oeil du viseur de l'économiste. “La politique fiscale en agriculture est déraisonnable. On encourage depuis 10 ans la surmécanisation”, dénonce Vincent Chatellier. Conséquence : “en production laitière, le coût de mécanisation en France atteint 123 e/1 000 litres.Aux Pays-Bas, il n'est que de 72 e/1 000 litres”.Un delta de 51 e/1 000 litres à ramener à un prix moyen l'an dernier aux alentours de 275 e.! “Le prix du lait en 2009 n'a absolument pas été surprenant par rapport à ce que nous avions connu en 2005. La grande différence, ce sont les charges”.Quant à revendiquer un prix du lait à 400 e : “on ne peut pas être contre mais ce n'est pas dans ce monde là que l'on vit. Ce n'est pas sérieux de mentir aux jeunes sur le marché économique dans lequel ils oeuvrent”, déplore Vincent Chatellier.

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Restructuration

Autre réalité laitière, depuis l'instauration des quotas en 1984, la France a perdu l'équivalent de la production Normande. La campagne 2009/2010 est du même tank : - 2,3 % à l'échelon hexagonal contre + 5,2 % en Allemagne à titre de comparaison. Un effet grève du lait “- 9 % durant cette période, reconnaît notre chercheur, mais aussi un prix du lait moins cher en Allemagne” pénalisant de facto les entreprises françaises en leur faisant perdre des parts de marché.
Pour autant, la fin programmée des quotas laitiers va modifier la donne. “Les volumes de lait produit en France vont augmenter avec moins de producteurs, pronostique Vincent Chatellier. En 2020, je ne serai pas surpris qu'un couple d'agriculteurs produise 500 000 l. Qu'un GAECà 3 en produise 800 000 à condition de leur donner la capacité à être heureux et à vivre de leur métier”. Bémol à cette restructuration : la volonté politique de maintenir une fonction territoriale du lait. “Il ne faut pas détricoter le tissu social laitier”.Rien de scandaleux donc à ce que le lait de montagne bénéficie d'un petit coup de pouce. Quant à la Normandie, avec un coût de production alimentaireextrêmement compétitif, sa vocation laitière ne saurait être remise en cause. Elle devrait même s'accélérer vers 2014 avec “les premiers ateliers laitiers qui n'auront plus à supporter de dotations aux amortissements”. L'occasion pour Didier Cairon, patron des entrepreneurs, de conclure : “nous avons encore de belles années à venir. Ce sera peut-être dur mais on y arrivera”.

EDT Normandie

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Site. www.edtnormandie.com

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Source Réussir l'Agriculteur Normand

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