Etude sur la toxicité des OGM : Stéphane Le Foll veut durcir les autorisations au niveau européen

Etude sur la toxicité des OGM : Stéphane Le Foll veut durcir les autorisations au niveau européen

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a appelé à une "réforme profonde" des procédures d'homologation des cultures génétiquement modifiées dans l'UE afin de les rendre "beaucoup plus strictes", après la publication d'une étude réalisée par un professeur de l'Université de Caen soulignant leur toxicité.

"Il est indispensable de préciser dans le droit européen les conditions dans lesquelles on peut déclencher un moratoire sur les cultures d'OGM", a déclaré M. Le Foll, dénonçant le "flou juridique" au niveau communautaire. "Il faut revoir les protocoles d'homologations et permettre aux Etats de faire des choix, pour ou contre" les organismes génétiquement modifiés, a-t-il insisté.

Le ministre a réagi à la publication d'une étude à paraître dans la Revue internationale de toxicologie alimentaire "Food and Chemical Toxicology" soulignant la toxicité de maïs OGM sur des rats nourris pendant deux ans, qui meurent plus jeunes et souffrent plus souvent de cancers que les autres. Avec son homologue de l'Environnement Delphine Batho, le ministre a précisé avoir "immédiatement saisi" l'ANSES, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire, pour réclamer une "vérification" de l'étude du Pr Gilles-Eric Séralini de l'Université de Caen.

Cette étude "conforte la position qui était la nôtre", a poursuivi M. Le Foll en réclamant la révision "des conditions des protocoles" : l'Europe, a-t-il rappelé, se fonde actuellement sur des tests de trois mois alors que l'étude en question "porte semble-t-il sur environ deux ans".

"Il faut avoir des règles d'homologations fondées sur des études scientifiques qui fassent clairement le point sur les avantages et inconvénients (des OGM) de manière très claire, sur les risques sanitaires qui semblent être démontrés dans l'étude (du Pr Séralini) et sur les risques environnementaux de dissémination", a-t-il souligné.

Sur ce dernier point, M. Le Foll a rappelé avoir "toujours été résolument opposé aux OGM résistants à des herbicides ou porteurs de pesticides" en raison du risque de dissémination dans la nature. M. Le Foll a rappelé la position de la France en faveur d'un moratoire sur son territoire de toutes les cultures d'organismes génétiquement modifiés, qui ne concerne actuellement que le maïs MON810 de Monsanto.

En février 2008, la France avait actionné la clause de sauvegarde pour suspendre les cultures OGM sur son territoire en arguant de préoccupations environnementales. En septembre 2011, la Cour européenne de justice a invalidé cette clause sur des arguments techniques et le gouvernement avait alors pris en mars, juste avant les semis, une mesure conservatoire "d'interdiction temporaire" des cultures OGM, confirmée par le Conseil d'Etat en mai.

Les procédures d'homologation des OGM dans l'UE sont dans l'impasse. Six autres pays ont adopté des mesures de sauvegarde contre le MON810 (Hongrie, Luxembourg, Grèce, Allemagne, Autriche et Bulgarie). L'Autriche, le Luxembourg et la Hongrie ont également demandé l'interdiction de culture de la pomme de terre OGM Amflora.

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Source d'après AFP

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Commentaires 11

ni pour ni contre

Je pense que S. Le Foll a encore mis la charrue avant les boeufs, il devrait peut être s'intéresser de plus près à l'auteur de l'article en question. En effet, plusieurs de ses études ont été invalidées après parution pour orientation de l'étude contre les OGM. Je vous conseil de lire l'article de P Joudrier ancien directeur de l'INRA.
http://www.enviro2b.com/2012/09/24/ogm-il-est-anormal-que-la-recherche-ne-puisse-pas-avancer/

Averonet

Je propose qu'une nouvelle étude soit engagée pour évaluer les conséquences de la première : qu'importe-on ? produit comment ? pour qui ? et pour quoi faire ? on pourra comparer avec nos produits made in france.

calou

il y avait eu un documentaire sur arte ou france5

"le monde selon monsanto"

très intéressant, tous ce qui intéresse cette entreprise, c'est gagner de l'argent au détriment de l’écologie, la santé, et les agriculteurs, une multinationale comme on les aiment avec des politiques pourrie a leur côtés.

de toute façon, l'agriculture de demain sera une agriculture plus respectueuse de l'environnement, et les semenciers on des variétés dans leur tiroir très résistante au maladie avec de gros potentiel mais que l'on utilisera pas tend que les produits phyto sont autorisés, c'est ça la réalité aujourd'hui.

quand a l’Europe enherbés, c'est bien pire que l’écologie, car pour nourrir les européens on ira chercher des céréales en Amérique du sud ou ils sont entrain de détruire la foret amazonienne pour cultiver a grande échelle, la mort de notre planète est a nos pieds...

Meddy

Arrêtez un peu, le commerce international c'est pas le monde des bisounours.
Ça fait plus de 20 ans que des bovins dans les feedlot américains ne mangent presque que des OGM (maïs, soja,...), vous croyez vraiment que s'ils mourraient de tumeur les éleveurs continueraient de leur en donner. Même si ces éleveurs se moquaient totalement de l'écologie et de la santé des consommateurs (ce que je crois absolument pas), ne croyez vous pas que l'aspect économique les auraient fait réfléchir si les OGM décimaient leur élevage...

geo

Le lobbie autour des OGM est particulièrement puissant et s'il est mis à mal, beaucoup d'autres pourraient l'être.
Car il faut voir plus loin que les OGM. Pourquoi l'Europe est-elle obligée d'importer du soja OGM d'USA ou d'Amérique latine alors qu'elle peut parfaitement produire du non OGM sur ses terres? Tout simplement car si l'UE acceptait d'importer du soja OGM US, les US s’engageaient à laisser la PAC tranquille dans le cadre des négociations OMC. Pour l'Amérique latine, ce sont les accords d'échange Soja OGM importé contre Airbus exporté.
C'est la réalité du "libre-échange" actuel où rien n'est libre...

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