Exportations de bovins vers les Pays tiers : La donne change au niveau mondial

Cyrielle Delisle

La donne mondiale n'est plus la même. La demande sur nos marchés historiques s'érode, tant en volumes qu'en valeur, alors que la demande mondiale s'accroît en raison de l'augmentation démographique et d'un changement de régime alimentaire. À cela s'ajoute une évolution du taux de change qui a fait grimper les prix.

L'export de plus en plus stratégique

Par ailleurs, les observateurs ont les yeux rivés sur la Chine et sur la capacité du Brésil à approvisionner le monde. Ce pourvoyeur de viande serait, à terme, amené à fournir 50 % des échanges de la planète. Mais, ses capacités de production pourraient être limitées pour des raisons environnementales, sanitaires et d'évolution de la demande intérieure. À l'heure actuelle, il laisse une place sur la scène internationale. L'export apparaît donc de plus en plus stratégique pour maintenir l'activité. Autres alternatives, réduire notre production et se recentrer sur le marché national. Face à cette seconde proposition, Bertrand Oudin rappelle notre inéquation qui perdure, en termes d'offre et de demande. En atteste notre bilan import-export. « D'un côté, on importe de la viande issue principalement de réformes laitières en provenance d'Allemagne et de Hollande pour fournir la demande intérieure, que nous ne sommes pas en mesure de satisfaire. Et cette constatation risque de s'accentuer, avec la contraction du cheptel laitier, conséquence de l'amélioration génétique et du potentiel de production. D'un autre côté, on exporte majoritairement de la viande de jeunes bovins principalement vers des pays où le réseau de boucherie est encore fortement présent (Italie, Grèce, Espagne) », remarque Bertrand Oudin. La demande italienne en animaux maigres qui représente un million de têtes sur les 1,3 million exportées par an sur le marché intra-communautaire se resserre. « Cette baisse devrait atteindre les 10 à 20 %, soit environ 150 000 têtes », estime Jean-Claude Crassat, président de la commission import-export de la Fédération nationale des commerçants en bestiaux.

La demande italienne en animaux maigres se resserre. (F. d'Alteroche)

La demande italienne en animaux maigres se resserre. (F. d'Alteroche)

 

Les pays tiers, des marchés pour l'avenir

Le recours à d'autres marchés semble donc primer pour l'avenir. « Les pays tiers représentent certes une solution, mais n'oublions pas non plus notre second marché, l'Espagne. Aujourd'hui, en effet notre taux de pénétration n'atteint plus que 25 %, alors qu'il se situait à 75 % dans le passé. On s'est fait dépasser par la Pologne et rattraper par la Roumanie », rappelle Jean-Claude Crassat.

Source Réussir Bovins-Viande Juillet-Août 2011

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