Farm dater pour acheter, revendre ou s’associer

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Farm dater pour acheter, revendre ou s’associer
Pour cette seconde édition, le farm dating a attiré 29 candidats à l’installation et onze cédants.

Organisé à Sainte-Pazanne par l’antenne du Pays de Retz de la chambre d’agriculture, un farm dating a fait se rencontrer des exploitants agricoles et des candidats à l’installation, lundi 6 juillet.

19 h, salle Escale de Retz à Sainte-Pazanne. Ce jeudi 6 juillet, Pierrick Michel, délégué territorial de l’antenne du Pays de Retz de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, accueille les agriculteurs. Les tables sont prêtes et les participants prennent place. Venus céder leur exploitation ou chercher un associé, ils attendent les candidats à l’installation venus pour exposer leur projet. La cloche retentie. Le farm dating peut commencer.
Laurence Baudry est venue de Saint-Colomban et espère rencontrer des candidats prêts à reprendre la partie maraîchage qu’elle tient au sein d’une exploitation diversifiée. « C’est un métier difficile que je pratique depuis sept ans maintenant. Physiquement je suis toujours à genoux et je ne me vois pas faire ça jusqu’à la retraite ». Elle va rencontrer neuf candidats. « Je ne doute pas du fait que des gens soient intéressés mais ça permet de rencontrer des profils. C’est une manière rapide de faire un état des lieux ». Sept minutes sont écoulées, la cloche retentie de nouveau et les candidats changent de place pour une nouvelle rencontre.

 

Renouveler les générations

Uniquement sur inscription, onze cédants et 29 candidats se sont manifestés. « C’est globalement proche de l’année dernière », indique Pierrick Michel. « Les productions représentées sont simplement un peu différentes ». Sur les tableaux affichés dans l’entrée du bâtiment, on peut lire quatre types de productions : maraîchage, lait et/ou vaches allaitantes, vaches allaitantes et/ou ovins et viticulture. Kathleen Clero, elle, ne trouvera pas de cédants correspondants à ses recherches ce soir-là. « Je suis actuellement en bac pro Responsable d’exploitation agricole et je veux créer une exploitation pour l’élevage de chevaux trotteurs », explique la jeune femme de 22 ans venue de Monnières dans le vignoble. « J’ai déjà les chevaux mais je cherche 30 à 35 ha pour les mettre à l’air libre et un bâtiment ». Même si sa spécialité n’est pas représentée, la rencontre lui permet de prendre contact. « Je parle de mon projet, j’échange des numéros, des conseils. Il faut se faire connaître. On ne sait jamais ».
« C’est aussi ça le farm dating, travailler sur la chance », explique Patrick Prin, président de l’antenne régionale de la chambre d’agriculture sur le Pays de Retz. Parfois « il faut peu de choses pour que ça fonctionne et notre axe de travail, au niveau de la maison locale, c’est de créer du lien en ce sens ». Cet objectif s’inscrit dans le cadre du volet transmission et renouvellement des exploitations mis en place par la chambre. « Nous souhaitons amener des hommes et des femmes au milieu agricole pour le renouvellement des générations ».
Malgré les 250 à 300 exploitations à céder par an en Loire-Atlantique, contre environ 140 installations effectives, ce n’est pas chose simple. « Il y a plus d’offres que de demandes, c’est un vrai souci », s’inquiète Pierrick Michel. « Les entreprises proposées sont plus importantes qu’il y a trente ans mais on peut reprendre une exploitation et la transformer ensuite pour l’adapter à son projet. Pour ça, on a besoin d’attirer un public plus éloigné du milieu agricole ».

 

Un concept qui a de l’avenir

Actuellement, les installations se font de plus en plus hors cadre familial. Selon Patrick Prin : « En 2014, plus de 40 % des jeunes qui s’installaient n’étaient pas issus du milieu agricole ». C’est pourquoi les organisateurs du farm dating proposent un atelier de la création, en parallèle des rencontres. « On a besoin, en tant que techniciens et élus, de rencontrer les porteurs de projets pour les aiguiller. Parfois on comprend que certains ne sont pas fait pour ce milieu ou qu’il faut qu’ils mûrissent d’avantage leurs projets », explique l’élu. « On continue l’accompagnement classique bien sûr. C’est une grosse partie de notre travail », complète Pierrick Michel.
La première édition, en 2014, a permis d’engager des discutions autour de quatre exploitations et de finaliser une transmission. « On développe le concept, nous sommes encore en phase de test mais on croit qu’il y a quelque chose à faire », confie Pierrick Michel. « On envisage d’ailleurs de reproduire l’action dans d’autres secteurs du département l’hiver prochain ».

Gaëlle Michineau

 

Le concept en bref
Inspiré du speed dating, le farm dating se déroule de la même manière. Installés à une table, le cédant et le candidat à l’installation échangent pendant sept minutes. Les candidats changent ensuite de place afin de rencontrer un nouvel agriculteur. Objectif : faciliter les cessions et installations en créant du lien.

 

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