FCO et tuberculose s’éloignent, Schmallenberg sous surveillance

Patricia Olivieri

Le GDS a livré mercredi le bilan de santé de l’élevage cantalien marqué en 2012 par le passage du virus de Schmallenberg. Cette année, la priorité sanitaire est donnée à la maîtrise de l’IBR.

Assister à l’assemblée générale du GDS c’est un peu comme suivre la lecture d’un bulletin de santé d’un illustre personnage, le résultat d’un vaste check up, d’une batterie d’analyses, à la différence près que le malade en question est un cheptel qui compte pas moins de 473 600 têtes pour les seules espèces bovines élevées dans le département. Quelles nouvelles du patient ? S’il est débarrassé d’hôtes indésirables, au premier rang desquels le redouté virus de la FCO, d’autres pathogènes font de la résistance tandis que des maladies peuvent émerger ou ressurgir, a prévenu Michel Combes, président du GDS Cantal et de la Fédération nationale des  groupements de défense sanitaire.

FCO et tuberculose s’éloignent, Schmallenberg sous surveillance

SBV : il est passé par ici...

Dans son rapport sanitaire, André Chardenoux, administrateur, a ainsi rappelé l’épisode douloureux de la tuberculose bovine qui a fait son retour dans le département en 2011. Quatre cheptels cantaliens issus de trois exploitations ont été dépistés infectés et leurs 1 039 animaux abattus. Parallèlement, 202 cheptels en lien épidémiologique avec ces troupeaux ont été testés et 76 sont encore soumis à un dépistage annuel. “Heureusement, l’horizon s’est éclairci, mais la vigilance reste de rigueur car même si le statut indemne de la France a été préservé, des départements demeurent très touchés”, a souligné Michel Combes. Du côté de la fièvre catarrhale ovine (FCO), la menace semble aussi s’éloigner avec l’obtention par la France de son statut indemne (avec levée de l’obligation de vaccination). Néanmoins, la détection fin 2012 du sérotype 14 du virus dans le Nord-Est de l’Europe - vraisemblablement lié à l’utilisation illicite d’un vaccin à virus vivant atténué - a conduit à une surveillance renforcée dans ces zones. Un virus s’en va, un autre arrive : la présence du virus de Schmallenberg (SBV) dès l’été 2012 a ainsi été confirmée dans les élevages cantaliens. Ce virus - qui passe relativement inaperçu chez les adultes - génère à l’inverse dans sa forme congénitale (contamination des vaches gestantes) des malformations(1) des veaux à la naissance. Dans le Cantal, 40 foyers de SBV congénital ont été déclarés entre fin novembre 2012 et fin février 2013 dans des élevages bovins mais le GDS estime ce chiffre très en-deçà de la réalité du fait d’une fort probable sous-déclaration. À cet égard, Michel Combes a rappelé que la réalisation d’analyses pour confirmer les foyers était nécessaire pour prétendre à une indemnisation des cheptels les plus atteints par la caisse nationale de secours santé animale des GDS. Par ailleurs, le groupement s’interroge sur un lien possible entre le virus et les nombreux cas de femelles non gestantes ou décalées rapportés. Des remontées d’éleveurs confirmées par un déficit de 17 % des naissances en janvier et février 2013 par rapport à la même période de 2012 (10 521 veaux manquent à l’appel). Chacun compte à présent sur les similitudes relevées entre le SBV et le virus Akabane, bien connu en Australie et au Japon, lequel confère une immunité forte et durable. Ainsi, il est probable, estime le GDS, qu’il y ait peu de conséquences en 2013, qui succède à une forte circulation virale l’an dernier.

IBR : frapper fort

Autre front sur lequel le GDS a décidé de “frapper fort” : l’IBR (rhinotrachéite bovine infectieuse). Une maladie “commerciale” pour laquelle seuls 35 % des élevages sont qualifiés (contre 62 % en moyenne nationale) alors que, parallèlement, 31,6 % des cheptels hébergent au moins un animal positif (et/ou vacciné) pour un total de 18 500 animaux positifs. Ce qui place le Cantal à la traîne des départements d’élevage français avec des conséquences sérieuses : “Dans d’autres régions, cette virose n’est plus qu’un souvenir”, a insisté M. Chardenoux, tandis que Michel Combes juge inadmissible de se fermer des marchés à l’export à cause de cette certification IBR insuffisante. Aussi, a-t-il plaidé auprès du représentant de la DGAL(2) présent pour que l’administration départementale (via sa DDCSPP) puisse bloquer les Asda(3) des éleveurs qui ne respectent pas la prophylaxie en matière d’IBR. Côté BDV enfin, le dépistage systématique des élevages se poursuit avec une sensibilisation croissante des agriculteurs. Sur la campagne 2011-2012, près de 280 IPI ont malgré tout été dépistés dans 135 cheptels. Courant 2013, une nouvelle garantie sera accessible à tous les éleveurs, a annoncé le GDS : la certification “BVD : bovin non-IPI”, attribuée à l’animal et valable tout au long de sa vie.

(1) Déformation ou blocage de l’articulation d’un ou plusieurs membres, malformation de la colonne vertébrale, anomalie du port de tête, mâchoire inférieure raccourcie... (2) Représentée par Charles Martin-Ferreira - ministère de l’Agriculture. (3) Attestation sanitaire.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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