FDSEA et JA épinglent les pouvoirs publics : Trop de libéralisation tue l'élevage aveyronnais»

Alexandre CAYRAC

FDSEA et JA épinglent les pouvoirs publics : Trop de libéralisation tue l'élevage aveyronnais»

Grosse colère des éleveurs aveyronnais lundi soir devant la préfecture de l'Aveyron. La FDSEA et les JA ont critiqué énergiquement le «laisser faire» des pouvoirs publics français et européens en matière d'économie. 600 éleveurs ont aspergé de lait et de lisier la préfecture.

Si le mouvement de protestation a été lancé la semaine dernière par les producteurs de lait, ces derniers ont trouvé lundi à Rodez un renfort de choix parmi les éleveurs bovins, ovins, porcins et hors-sol. La crise du lait, entraînée par une «chute de libre» du prix en ce mois d'avril 2009, est en effet symptomatique de la situation que connaissent toutes les filières d'élevage. «Le lait n'est que la partie visible de l'iceberg» souligne Bruno Montourcy, président des JA. Pour Dominique Fayel, président de la FDSEA, les raisons de cette crise sont claires : «les pouvoirs publics européens et français ne tiennent plus les rênes de l'économie abandonnée aux seules règles du marché. Les prix payés aux producteurs dans toutes les productions sont aujourd'hui totalement déconnectés de la réalité des fermes. Nous sommes toujours la variable d'ajustement au marché».

«Nous ne sommes pas des serviteurs»

Un prix du lait quasiment divisé par deux en moins de deux ans, des cours de la viande qui restent désespérément bas, des importations de viande américaine «imposées» et l'extrême fragilité des élevages hors-sol : «voilà le résultat de la libéralisation à outrance des marchés et des négociations commerciales» expliquent la FDSEA et les JA. «Nous ne sommes pas les serviteurs des industriels du lait, nous ne sommes pas les serviteurs des industriels de la viande et encore moins de la DDEA» clamait Dominique Fayel.
Pour les deux syndicats, des solutions simples sont à portée de main des pouvoirs publics : un retour à des prix décents qui passera notamment par des lieux interprofessionnels de discussions qui doivent être réactivés, des mécanismes européens de gestion des volumes et des marchés à refaire vivre et un observatoire des marges de la grande distribution qui doit enfin fonctionner. La FDSEA et les JA ont donc fait passer leur message à grand renfort d'arguments colorés et olfactifs. La foule, déterminée, saluait chaque jet de lait, de lisier ou de matériels de traite par dessus les grilles de la Préfecture par des cris et des applaudissements.
«Le mouvement est lancé et sera suivi nationalement, mais si nous ne sommes pas entendus nous reviendrons et apporterons nos animaux au Pôle emploi (ex ANPE)» prévient Bruno Montourcy.

Source La Volonté Paysanne

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