FDSEA/JA du Calvados : L'envolée du prix du fioul mobilise

Thierry Guillemot

FDSEA/JA du Calvados : L'envolée du prix du fioul mobilise

Face à l'envolée du prix du fioul, FDSEA et JA (accompagnés par les ETA) ont défilé samedi dans les rues de Caen.Ils réclament un carburant professionnel. En attendant, les Pouvoirs publics lâchent du lest en acceptant de donner un coup d'accélérateur au remboursement de la TIPP. Rendez-vous tout début juillet.

Depuis janvier 2007, les charges liées à l'énergie ont explosé : + 60 % sur le carburant, +70 % pour le fioul lourd, + 50 % sur les engrais. Or l'agriculture reste l'un des seuls secteurs économiques, comme la pêche d'ailleurs, qui n'a pas la possibilité de répercuter la hausse de son coût de production sur son prix de vente. Et la revalorisation des prix agricoles est loin de compenser la hausse du prix des intrants, y compris ceux de l'alimentation animale. “La flambée des coûts de l'énergie et ses conséquences sur les prix des engrais, des plastiques, des transports…viennent remettre en cause ces embellies”, notent Sébastien Binet et Guillaume Ferey, respectivement secrétaire général de la FDSEA et président de JA Calvados

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150 agriculteurs et entrepreneurs dans la rue

C'est donc pour dire stop à cette spirale infernale qu'à l'appel de la FDSEA, de JA et avec le soutien des entrepreneurs de travaux agricoles fédérés au sein de l'ARETAR, 150 jeunes et aînés ont manifesté dans le calme samedi matin dans les rues de Caen.
Sitting devant la préfecture, défilé dans les rues et enfin rencontre avec le représentant de l'Etat au menu de cette matinée. Un mouvement d'humeur qui s'inscrit dans une démarche nationale. En Basse-Normandie, l'Orne, le 27 mai dernier, avait ouvert ce bal du mécontentement. Relayé donc par le Calvados ce samedi et prolongé dans la Manche hier et avant-hier.
Sans doute l'Etat veut-il éviter tout embrasement généralisé et que cette goutte de fioul en trop ne fasse tache d'huile. Michel Barnier a annoncé que l'allègement de la TIPP serait reconduite en 2008. La profession attend les imprimés au plus vite.

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Premiers résultats

Au-delà des mesures d'urgence, une réflexion doit s'engager sur le moyen terme sur la maîtrise des coûts énergétiques. Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, évoquait il y a peu la convocation d'une conférence pour jeter les bases d'une nouvelle approche de la consommation énergétique dans les exploitations. A l'issue de leur entretien à la Préfecture, Patrice Lepainteur et Guillaume Ferey lui ont emboîté le pas. Mise en place d'un carburant professionnel, introduction de diagnostics énergétiques, encouragement à l'autonomie énergétique des exploitations, diversification des sources d'approvisionnement… Bref, adapter durablement le potentiel de production agricole à la nouvelle donne énergétique. Tout le monde étant désormais d'accord sur le fait que l'énergie restera durablement chère.
Et du côté des biocarbuants : une alternative au tout pétrole ? “Une réponse partielle en attendant les biocarburants de seconde génération, précise Bertin George rappelant qu'ils ne représentent que 1,5 % de la SAU mondiale alors que l'urbanisation consomme, sans aucun espoir de retour à une vocation agricole, 60 000 ha par an. Ce ne sont donc pas eux qui font grimper les prix des aliments d'autant plus qu'une tonne de diester fournit 1,5 tonne de tourteau à destination de l'alimentation animale. La France, déficitaire à 75 % en protéines animales en 1992 ne l'est plus qu'à 45 % aujourd'hui.
“Que ce soit sur le prix du baril de pétrole ou sur celui du quintal de blé, l'envolée est due en grande partie à la spéculation financière internationale. Dites-le vous, journaliste”, insiste un des manifestants. C'est chose faite.

Patrice Gauquelin : “nous sommes solidaires de nos clients/agriculteurs”

Sous l'égide de l'ARETAR (Association Régionale des Entrepreneurs de Travaux Agricoles et Ruraux), une dizaine d'ETA du Calvados, de la Manche et de l'Orne, s'est jointe à ce mouvement d'humeur. “Nous sommes aussi en guerre contre la hausse du prix du gaz-oil et donc solidaires de nos clients/agriculteurs, insiste Patrice Gauquelin, entrepreneur de travaux agricoles dans l'Orne. Notre gaz-oil, on le payait 45 centimes l'an dernier, on est parti pour le payer 90 centimes cette année. Avec une machine qui consomme 100 litres à l'heure, imaginez le gros effort de trésorerie que cela représente”.A l'instar de la FDSEA et de JA, l'ARETAR revendique un remboursement rapide de la TIPP et la mise en place d'un carburant professionnel. Au-delà, les entrepreneurs n'auront pas d'autres solutions que de répercuter cette hausse sur les tarifs de leurs prestations. Dans le cas contraire, c'est le dépôt de bilan qui menace. Certaines entreprises seraient déjà en situation extrêmement délicates.

Source Réussir l'Agriculteur Normand

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