Filière caprine en Pays de la Loire : Dépendante des Deux-Sèvres

vendee agricole

Les Pays de la Loire peuvent se targuer d'être la deuxième région de livraison nationale de lait de chèvre derrière Poitou Charente. État des lieux.

Le pôle économie et prospective des chambres d'agriculture et le GIE Elevage des Pays de la Loire ont réalisé un état des lieux de cette filière caprine régionale.
Avec 80,4 millions de litres de lait de chèvre livrés en 2009 par 355 exploitations, les Pays de la Loire fournissent 16,7 % des livraisons nationales, derrière le Poitou-Charentes qui représente à lui seul 52,4 % des livraisons. La production totale ligérienne, incluant les 2 à 3 % de lait transformé à la ferme dans une centaine d'exploitations, s'élève à près de 83 millions de litres.

Une distribution géographique hétérogène

L'influence de la région Poitou-Charentes sur la distribution géographique de l'ensemble des exploitations (livreurs et producteurs fermiers) est nettement perceptible : les cantons les plus denses sont situés dans l'Est de la Vendée et le Sud du Maine-et-Loire. Ainsi, 56 % des 455 exploitations caprines de plus de 20 chèvres sont situées en Vendée et 32 % en Maine-et-Loire.

Des dynamiques de production diverses

La Sarthe est fortement orientée vers la transformation fermière de par son éloignement des sites de collecte. Elle affiche une moyenne de 80 chèvres par exploitation. La Loire-Atlantique dispose historiquement d'un vivier de producteurs fermiers : l'arrêt de la collecte par plusieurs laiteries dans les départements de Loire-Atlantique et du Morbihan dans les années 1980-90 a obligé les éleveurs caprins à transformer leur production. Le développement de la collecte laitière caprine par une entreprise à compter de 1999 a permis à ces producteurs fermiers d'accroître leur production, voire d'arrêter la transformation fermière. De nouveaux élevages, principalement individuels et spécialisés sont aussi venus s'ajouter . Ainsi, le cheptel moyen est de 190 à 200 chèvres sur le département. La Mayenne quant à elle dispose de structures professionnelles en moyenne plus importantes que dans les autres départements : 200 à 250 chèvres dans le nord et 400 chèvres par exploitation dans le sud. Les structures sociétaires conjuguant lait de vache et lait de chèvre sont aussi fréquentes que les structures spécialisées. La forte pression foncière dans le nord de la Mayenne liée à la prédominance des exploitations bovines laitières n'empêche pas pour autant l'installation de néo-ruraux dans ce secteur géographique.

Le Maine-et-Loire, département relativement jeune en production caprine et caractérisé par une culture forte de l'élevage, fait preuve de dynamisme, porté par un nombre de collecteurs plus important que dans les départements décrits précédemment. Ainsi, deux tiers des exploitations caprines mainoligériennes livrent leur lait. Les structures professionnelles sont majoritairement spécialisées, et sous forme sociétaire pour 60 % d'entre elles. Le cheptel caprin moyen se situe autour de 220 chèvres/exploitation.
Les exploitations vendéennes, la plupart en EARL ou GAEC, sont fortement présentes à l'est du département, en limite des Deux-Sèvres, où l'on retrouve souvent une combinaison atelier caprin + vaches allaitantes. Le sud du département est plus fortement marqué par des élevages avec céréales ; à l'opposé, le nord est caractérisé par des exploitations caprines avec un atelier complémentaire (porcs ou volailles). Enfin, l'ouest regroupe principalement des exploitations spécialisées. Notons que la production caprine s'est fortement développée dans ce département au moment de la mise en place des quotas en 1984, d'où une moyenne d'âge plus élevée que dans les autres départements, autour de 45 - 50 ans. La taille moyenne est de 190 chèvres par exploitation.

Des systèmes de production liés au potentiel pédoclimatique

Les exploitations vendéennes utilisent majoritairement des rations à base d'ensilage de maïs : 60% y ont recours, et cette proportion est en augmentation. En Maine-et-Loire, le maïs est difficilement cultivable dans les zones bocagères. Les fourrages produits sont essentiellement de l'enrubannage ou du foin de prairie ou de luzerne. Malgré ces grandes tendances, nombre de producteurs caprins modifient régulièrement la ration alimentaire distribuée aux chèvres, en vue de réduire les coûts, de s'adapter aux demandes du marché, ou encore d'organiser le travail différemment.

Une méconnaissance de la production qui limite les installations

La production caprine est très peu présente dans les programmes de formation agricole de la région, par manque de connaissances et de compétences des enseignants sur cette filière relativement petite. Les formations caprines les plus proches se situent à Melles dans les Deux-Sèvres. Le faible enseignement spécialisé en Pays de la Loire se traduit par un nombre d'installations relativement limité comparé aux autres secteurs d'élevage. Pourtant, les attraits pour cette production sont nombreux : animal de petit gabarit gérable par une femme (tant pour les éleveurs que pour les techniciens), attachant, qui nécessite de la technique de par sa forte sensibilité au stress ou à l'alimentation notamment, et qui offre des perspectives pour les passionnés de génétique.

Peu de perspectives en filière viande aujourd'hui

La viande de chèvre ou de chevreaux est une viande festive commercialisée principalement chez les artisans bouchers volaillers. La disparition de cette catégorie professionnelle et l'affectif que les consommateurs portent sur l'animal ont fortement freiné la consommation de cette viande en France. Les débouchés reposent aujourd'hui essentiellement sur une entreprise réalisant plus de 90 % des abattages de la région, et qui alimentent les marchés du sud de l'Europe. Cette situation se traduit dans les élevages par une très faible valorisation des chèvres et chevreaux.

La collecte et la transformation du lait, Une collecte en place et qui progresse

En 2009, 128 millions de litres ont été collectés par les établissements laitiers de la région. La collecte progresse régulièrement en Pays de la Loire, avec une hausse particulièrement marquée en 2009 de 8,4 %. Les outils de collecte sont bien implantés. Ils rayonnent en Pays de la Loire mais aussi dans les départements limitrophes bretons et picto charentais.
Le lait produit et livré en Pays de la Loire est collecté par des outils régionaux mais aussi par des outils extérieurs : environ 29 % du lait ligérien livré est collecté par des structures du Centre et de Poitou-Charentes.
10 opérateurs collecteurs interviennent en Pays de la Loire. Les principaux groupes nationaux orientés en lait de chèvre sont présents sur notre territoire.
Les opérateurs sont rarement spécialisés en lait de chèvre, ils sont plutôt mixtes avec une part du chiffre d'affaires en chèvre très variable : de quelques pourcentages à 100 %. On dénombre 5 privés qui collectent le quart des livraisons ligériennes. La collecte est bien implantée en Vendée, Maine-et-Loire et Loire-Atlantique. Par contre, elle est assez peu développée en Mayenne et Sarthe. Plusieurs explications peuvent être apportées. Tout d'abord, la production caprine s'est développée en Poitou-Charentes puis est remontée progressivement en Pays de la Loire. Avec la mise en place des quotas laitiers et la difficulté dans ces années à s'installer en vaches laitières, la Vendée a connu un essor de ses élevages caprins à partir des années 1980. La production est remontée peu à peu et se développe depuis une vingtaine d'années dans le Maine-et-Loire et depuis 10 ans en Loire-Atlantique. Mais aussi, le fait que les principaux outils de transformation soient localisés en Poitou-Charentes et que les opérateurs ne souhaitent pas développer leur collecte hors de leur rayon d'action justifient le faible développement des livraisons en Sarthe et Mayenne, excentrés des zones de collecte.

Peu d'outils de transformation sur notre territoire

Mise à part la présence de quelques petits outils, la région est peu orientée vers la transformation. Historiquement, les laiteries ligériennes ont fait le choix de se tourner vers les outils de transformation existants en Poitou-Charentes, plutôt que de créer des outils de transformation dans la région : handicap pour le développement de la production et la reconnaissance de notre région comme véritable région laitière caprine ?

Un marché porteur mais vulnérable

La chèvre bénéficie d'une bonne image auprès des consommateurs. L'accroissement de la consommation de fromages de chèvre a permis le développement de la production. Jusqu'en 2009, le marché a été très dynamique, particulièrement porté par l'export, la RHD et les fromages ingrédients. Ces débouchés représentent 30 % du marché en lait de chèvre. En 2009, l'export a été limité par la crise économique et la parité monétaire. L'utilisation du lait de chèvre en fromage ingrédients est aussi réduite par le fait que le prix du lait de vache soit plus favorable.
Ce marché dynamique parait toutefois fragile à double titre : d'une part, l'utilisation du lait de chèvre est fortement liée au différentiel de prix entre lait de vache et lait de chèvre. Un phénomène de substitution s'opère entre ces deux produits pour la fabrication de fromage ingrédients mais aussi dans l'achat de fromages par le consommateur. D'autre part, il est très dépendant des importations qui ont longtemps été une variable d'ajustement entre la demande et l'offre. De nombreuses laiteries ont développé des filières d'importation, notamment en Espagne et en Hollande. Aujourd'hui, la production française s'est développée mais les importations paraissent cependant inévitables pour deux raisons : soupape pour s'adapter à la demande mais aussi nécessité pour limiter les fabrications de fromages par les autres pays producteurs européens qui viennent concurrencer nos fabrications.


L'intégralité de cette synthèse sera prochainement sur le site www.agrilianet.com, rubrique « Publications ».


Le Pôle Economie et Prospective des Chambres d'agriculture et le GIE Elevage des Pays de la Loire ont réalisé un état des lieux de cette filière caprine régionale. Vous trouverez prochainement l'intégralité

Source vendee agricole

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