Filière caprine : FDSEA et JA à la préfecture

Eva DZ

La Volonté Paysanne

Des responsables professionnels FDSEA et JA de la filière caprine ont rencontré ce mercredi 25 janvier, le directeur de cabinet de Mme le Préfet de l’Aveyron. Les réactions de Joël Mazars, secrétaire de la section caprine FDSEA et de Matthieu Alazard, co-responsable du groupe caprin JA.

Pourquoi cette rencontre ?
Matthieu Alazard : Lors de la mobilisation en fin d’année à Surgères, le groupe coopératif GLAC avait annoncé que si aucune solution n’était trouvée avec les pouvoirs publics pour solutionner ses gros soucis financiers, la coopérative devrait baisser le prix du lait payé aux producteurs à partir du 1er février. Or cette échéance arrive à grands pas. Les JA au niveau national ont donc appelé leurs responsables départementaux à prendre contact avec leur préfecture pour l’alerter de l’urgence de la situation.
Quelle est la situation justement ?
Jérôme Arribat, co-responsable du groupe caprin JA : Les producteurs ne peuvent tolérer une baisse du prix du lait. La hausse du coût des matières premières, la sécheresse et les surstocks impactent fortement les producteurs et notamment les plus jeunes qui ont pourtant besoin de visibilité et de stabilité. D’après nos estimations, une baisse du prix du lait de 30 euros/1000 litres comme l’annonce le GLAC, entraînerait une perte de revenu de l’ordre de 40 à 60 % ! C’est intolérable ! Et pour autant, la situation du GLAC ne sera pas réglée...
Joël Mazars : Pourtant, des signaux positifs sont à noter pour notre filière. La consommation est toujours positive et les marchés laissent entrevoir un peu de ciel bleu ! Certains pays voisins comme l’Espagne, la Hollande, ont augmenté le prix du lait de chèvre payé aux producteurs. Nous sommes à l’orée de solution, pas question donc d’entrer dans une énième spirale de baisse du prix du lait en France !
Quel a été votre message au représentant de l’Etat ?
Matthieu Alazard : Il faut à tout prix qu’une solution soit trouvée pour régler les problèmes financiers que rencontre le GLAC. Nous avons donc alerté le directeur du cabinet de Mme le Préfet à ce sujet. Nous l’avons prié de faire le nécessaire auprès du Ministère de l’agriculture pour débloquer la situation. Il en va aussi de l’avenir de la collecte dans notre zone, si jamais le GLAC devait être repris par un groupe.
Joël Mazars : Il faut prendre conscience qu’en Aveyron, les producteurs qui se sont installés en lait de chèvre ne peuvent pas tout abandonner pour démarrer une autre production. L’Aveyron est une région d’élevage et nous ne pouvons comme dans le Poitou, réorienter nos exploitations sur la culture. Il faut aussi que les pouvoirs publics prennent conscience du poids de la filière caprine : 200 producteurs livreurs de lait, une moyenne d’âge de 37 ans, et autant de familles présentes sur le territoire. A la manifestation de Surgères, je n’ai jamais ressenti une telle détresse chez certains producteurs. Une solution doit impérativement voir le jour.
Quelle réponse a apporté la préfecture ?
Matthieu Alazard : Le directeur de cabinet nous a assurés qu’il ferait remonter notre demande d’appui au Ministère. Nous espérons une issue positive avant d’aller plus loin dans nos actions. Par ailleurs nous avons invité Mme le Préfet à venir visiter une exploitation caprine».

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires