Financement des installations : des alternatives émergent

Lise Monteillet

l'agriculteur et le banquier

De nouveaux types de financement voient le jour afin de faciliter la transmission des exploitations agricoles. Miimosa lance un prêt participatif et les chambres d’agriculture créent un Groupement d’utilisation de financements agricoles (Gufa).

L’agriculteur doit souvent faire face à des souhaits contradictoires, comme celui de valoriser le mieux possible son capital au moment de la retraite et le souci de transmettre son exploitation. En cette « Quinzaine de la transmission », les Chambres d’agriculture ont fait le tour des freins financiers à l’installation, lors d’une conférence, le 15 novembre, à Paris.

Un fort besoin en capital

Selon les estimations des chambres d’agriculture, 20 000 exploitants vont quitter le métier, chaque année. Le contexte évolue : de plus en plus d’agriculteurs se réorientent en milieu de carrière, les candidats à l'installation non issus du milieu agricole sont plus nombreux… En parallèle, certaines exploitations se sont considérablement agrandies. D’où la nécessité d’adapter les dispositifs de transmission. Quant aux niveaux de retraite, ils demeurent toujours aussi bas, ce qui oblige le cédant à chercher un complément. 

Au final, pas facile pour l'éventuel repreneur de réunir le pécule suffisant qui lui permettra de boucler son plan de financement. « Il existe un décalage entre un fort besoin en capital pour s’installer et la capacité de ce capital à dégager du revenu », rappelle Claude Cochonneau, le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA).  

Des prêts participatifs avec Miimosa

En cette fin d’année, plusieurs solutions alternatives émergent pour aider l’installation des jeunes agriculteurs. Miimosa, par exemple, est la première plateforme de crowdfunding dédiée à l’agriculture. Elle met en relation des agriculteurs à la recherche d’un financement avec des donateurs. Ces derniers reçoivent une contrepartie en nature. 1000 projets ont déjà été accompagnés par Miimosa, représentant 4 millions d’euros. Il s’agit de projets d’investissement de l’ordre de 6000 à 7000 euros en moyenne.

Pour aller plus loin, Miimosa lance désormais « un prêt participatif », permettant de financer des projets de plus grande dimension. Décrit comme « un produit d’épargne citoyenne 100 % orienté vers l’agriculture et l’alimentation », il propose aux prêteurs de « donner du sens » à leur épargne tout en percevant des intérêts compris entre 2% et 5%. Le lancement est prévu pour la mi-décembre.

Création d’un Gufa

Le réseau des chambres d’agriculture vient, pour sa part, de créer un Groupement d’utilisation de financements agricoles (Gufa), en partenariat avec la société Labeliance Invest. Il s’agit d’un opérateur proposant des solutions de financement en fonds propres. «Le Gufa des territoires prendra la forme d’une SAS qui s’appuiera sur des comités régionaux. Le comité régional sera chargé de sélectionner les projets qui seront présentés directement au Comité d’investissement de Labeliance », explique l’APCA dans un communiqué. Il est aussi évoqué la mise en place d’un « outil dédié spécifiquement au financement du foncier », en lien avec les Safer. 

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Commentaires 1

gib

Ouvrir le financement à des porteurs de capitaux est sans aucun doute à développer compte tenu des capitaux nécessaires.
Il faudra cependant être vigilants sur la rentabilité exigée et les conditions de retraits des apporteurs

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