Fropack : le projet qui emballe les filières fromagères d'Auvergne

P.Olivieri

Fropack : le projet qui emballe les filières fromagères d'Auvergne
Perrine Duval, thésarde, ici avec Nicolas Cussac, planche sur le comportement du bleu d’Auvergne en interaction avec son emballage. - P.O

Un nouveau programme de recherche-développement du pôle AOP Massif central autour du conditionnement des pâtes persillées sous appellation.

Ces derniers années, on y a beaucoup parlé gestion de la diversité des prairies, permanentes notamment, avec l’élaboration d’une typologie et d’un guide à destination des éleveurs et conseillers. Mais ce n’est là qu’une des facettes des travaux conduits par le pôle fromager AOP Massif central, comme le rappelle son nouveau président, Nicolas Cussac (représentant la fourme d’Ambert), qui a pris la suite cet été de Dominique Chambon (AOP rocamadour) : “Le pôle dispose de multiples compétences, c’est vraiment un outil au service des appellations. Effectivement, on a travaillé sur les prairies, sur les flores microbiennes, ces travaux se poursuivent, mais de nouveaux chantiers sont en cours.”

 

Des fromages qui respirent sous l’emballage

Parmi lesquels “Fropack”, un projet élaboré suite à la sollicitation du laboratoire de recherche de l’Inra de Paris-Grignon, déjà doté d’une solide expertise sur la question du conditionnement des fromages, mais en quête de partenaires pour mettre au point un cahier des charges pour l’emballage des fromages AOP. Une demande qui tombait à point nommé pour les appellations persillées fourme d’Ambert et bleu d’Auvergne, confrontées à une vraie problématique de tenue du fait de leur forte activité respiratoire. Avec pour corollaires, des défauts d’aspect, notamment... “Pour nous, c’est une aubaine de bénéficier de cette étude, se félicite Nicolas  Cussac,  par  ailleurs  président du Sifa ( interprofession de la fourme). La filière avait une attente forte sur ce volet.” Concrètement, les travaux de recherche, qui font objet d’une thèse de doctorat, ne visent pas à développer de nouveaux emballages, “mais à comprendre les interactions fromage/emballage afin de définir   les   conditions   optimales   de conditionnement  des  fromages et donner aux entreprises les éléments pour  progresser”,  précise  Sophie Hulin, directrice du pôle.  Sachant  que la méthodologie ainsi définie pourra être transposée par la suite à d’autres appellations, et notamment au pélardon et au  rocamadour. Menée en partenariat avec l’Inra de Paris-Grignon  (désormais  AgroParisTech) et celui  d’Aurillac(1), l’école supérieure européenne de packaging du  Puy-en-Velay,  la  Jeune chambre économique de plasturgie (JCEP),  les interprofessions fourme d’Ambert et bleu d’Auvergne ( Sifam et Sirba) et l’Énilv d’Aurillac, cette étude devrait rendre ses résultats mi-2016. D’ici là, des points d’étape sont régulièrement organisés avec l’ensemble des entreprises des filières concernées qui se montrent particulièrement intéressées.

 

Des moyens de recherche uniques

Coût de ce projet Recherche-développement : plus de 250 000 euros entre thèse et travaux analytiques. “Ce sont des moyens qu’on ne trouve que dans des laboratoires de recherche, et que même d’importants transformateurs ne peuvent se payer, indique Sophie Hulin. Il faut par exemple une  cellule respiratoire qui mesure le CO2 et chaque  composé  d’arôme  produit, ainsi que l’oxygène absorbé au cours du temps. Il n’y a que le labo de Grignon qui est capable de faire ça.” D’où l’intérêt d’une coordination du pôle fromager qui permet non seulement une mutualisation scientifique mais aussi financière.

 

(1) Où est basée Perrine Duval, thésarde.

 

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