G20 : La volatilité des prix agricoles et denrées alimentaires divise le G20

Les pays les plus puissants de la planète réunis au sein du G20 sont divisés sur plusieurs points pour faire face à la volatilité des prix des produits agricoles.

LA TRANSPARENCE

Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la FAO (organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'Agriculture), il faut une plus grande transparence sur l'état des stocks mondiaux, le niveau de la production des produits agricoles de base comme le blé, le maïs ou encore le riz, l'état des récoltes des grands pays producteurs et consommateurs.

Mais, la Chine et l'Inde ne sont pas favorables à livrer de telles informations, considérant que celles-ci mettent en jeu leur souveraineté nationale. Le projet d'accord proposé par la France prévoit la mise en place d'une base de données sous l'égide de la FAO, baptisée « Amis » acronyme en anglais pour « Système d'informations sur les marchés agricoles », selon le projet de déclaration finale de ce G20 agricole. Ses responsables seraient désignés dans les semaines à venir et la publication du premier rapport prévue dès 2012.

« Si les grands pays continuent de dissimuler les informations sur leurs stocks comme si ils étaient des armes nucléaires, nous continuerons à avoir de la volatilité. L'information c'est l'essentiel contre l'instabilité des prix », prévient Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE.

LA REGULATION DES MARCHES ET LE ROLE DE LA SPECULATION:

Un afflux massif de fonds et d'acteurs non-traditionnels sur les marchés agricoles, démarré en 2000 et suivie depuis 2007 d'une autre vague constituée de grandes banques d'investissement ou de gestionnaires de fonds spéculatifs, ont entraîné une forte hausse des prix à court terme.

La France a alors décidé de faire de l'organisation et de la réglementation des marchés des matières premières agricoles l'un des temps forts de sa présidence du G20.

Paris voudrait ainsi une mise en place de règles plus strictes encadrant les transactions, comme la limitation du nombre d'acteurs purement financiers, et des quantités minimales de matières agricoles effectivement détenues par rapport à celles échangées (ratios prudentiels).

Les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie et le Brésil y sont réticents, estimant que de telles mesures entraveraient le fonctionnement des marchés, d'autant que la FAO et l'OCDE minorent le rôle de la spéculation dans la volatilité des prix.


LES BIOCARBURANTS (Ethanol et Biodiesel)

Les pays en développement, la FAO et l'OCDE réclament une refonte des politiques de soutien aux biocarburants, alors qu'une part croissante des produits agricoles leur est consacrée, notamment les récoltes de maïs ou de canne à sucre.

En 2020, 13% de la production mondiale de céréales secondaires, 15% de la production d'huiles végétales et 30% de la production de canne à sucre seront consacrés à la production de biocarburants, selon un rapport conjoint OCDE-FAO.

Le Brésil et les États-Unis, grands producteurs de biocarburants, sont peu enclins à renoncer à leurs mesures incitatives au secteur. Le projet de déclaration finale de ce G20 agricole se limite à préconiser un « renforcement de l'analyse des relations entre biocarburants et production alimentaire ».

LES RESERVES HUMANITAIRES D'URGENCE

L'idée est constituer des stocks dans des régions pauvres où vivent 927 millions de personnes affamées, selon la FAO. On piocherait dans ces réserves en cas de flambée des prix pour éviter une crise alimentaire comme en 2008. Les États-Unis y sont opposés.

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